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[CHRONIQUE] lufdbf - Deux


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#1 Le Mag

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  • Location:France

Posté 24 janvier 2012 - 13:10

1. Sans cesse 2. De vous à moi 3. Neige au soleil 4. Noueux 5. Aurore 6. Echo 7. Passager 8. Tout le reste n'est que du vent 9. Aux heures contraires 10. Lunatique 11. Manège 12. Partir sans rien dire 13. La gifle 14. Dormir 15. Instables ludions 16. Demain 17. Quintette charnu

lufdbf - Deux

Signe des temps, à l'heure où se multiplient sur IRM les bilans thématiques pour permettre à chacun de trouver aisément son bonheur dans l'affaire, on en oublierait presque de revenir sur ces quelques albums que les cases même les plus fourre-tout ne parviennent pas à englober. Chanson française, hip-hop, électronica, blues, ambient, noise... Deux c'est un peu tout ça et plus encore, autant dire qu'à ce train-là on n'a pas fini d'adhérer aux propositions transversales de Fred Debief et Thierry Lorée.

Deux, c'est donc la suite de One, mais entièrement dans la langue de Gainsbourg et en deux fois plus luxuriant. Deux comme autant de bisontins aux manettes de cet album-monde aussi facile à aimer que difficile à cerner. Deux, ou le nombre de mains sur lesquelles compter les musiciens francophones à nous avoir déjà proposé pareil labyrinthe sémantique et sonique, tant et si bien que deux écoutes auront été loin d'être suffisantes pour vous en faire partager la nébuleuse beauté onirique.

Et ça tombe plutôt bien, puisque ce nouvel opus de Fred "fdbf" Debief (chant, textes, arrangements) et Thierry "Larsen Urbain" Lorée (musique, production) ne s'est guère éloigné de la platine depuis sa sortie en octobre chez Acid Cobra. Un label coutumier des chemins de traverse en français dans le texte sous l'impulsion de son patron Amaury Cambuzat (Ulan Bator), et dont la réputation n'aura sans doute pas été étrangère au coup de projecteur enfin porté par la presse à l'univers de ce groupe qui le vaut bien.

Car lufdbf a un univers propre, profondément singulier par delà ses influences diverses, à la fois sensuel et cérébral, charnel et abstrait, érudit et instinctif, électrique et délicat... ça on le sait depuis One. Mais ce que l'on apprend avec ce deuxième opus sorti à peine quelques mois après le premier, c'est que cet univers bien qu'à la croisée de l'imaginaire et de l'inconscient s'arpentera désormais de façon raisonnée, voire "compartimentée". Le duo nous annonce ainsi pour 2012 un album en anglais intitulé Too, un EP de chansons dans les deux langues enregistrées dans la foulée de One (logiquement, ça s'appellera Two ), un album new-yorkais en collaboration avec le poète Mik Berlyn et donc lui aussi dans la langue de Bukowski (autour duquel un projet serait également sur les rails), et enfin 3/4, double album de nouveau en français déjà prêt à prendre la suite de celui qui nous occupe ici.

Autant dire que nos Bisontins ne manquent pas d'ambition et un simple coup d'oeil au dos de l'album nous le confirmera. En effet, Deux se décompose ouvertement en quatre actes de quatre titres chacun, avec la médiane Aux Heures Contraires en guise de traversée du miroir :



Cette tracklist espacée sera d'ailleurs la seule clé livrée par le duo, libre à chacun d'y voir ensuite autant d'inclinations musicales, de penchants allitératoires, d'orientations atmosphériques ou d'humeurs subtilement changeantes. Bluesy et ambivalent dans un premier mouvement romantique qui culmine sur la sensualité ambiguë et le foisonnement électronique de Noueux avant de fondre comme Neige Au Soleil :



... groovy et en perpétuel mouvement pour la quarte suivante dont la prose liquide vient se perdre au gré d'une élégie soumise au ressac morbide d'une houle électrique (Tout Le Reste N'est Que Du Vent), lancinant opéra de vie et de trépas dont on est tout au plus simple Passager :



... plus acoustique et mémoriel ensuite, nostalgique et tous sens en éveil mais non moins Lunatique, mutin, mutant même à l'image d'une douce Gifle dont on accusera bien volontiers l'impact en clair-obscur et la marque parcourue de frémissements lo-fi :



... jusqu'au spleen jazzy et feutré d'une tierce finale dont la narration semble lutter contre l'effacement du sommeil. Mais... comment ça, pas encore la moindre comparaison à ce stade de la chronique ? Plus de citations à écarter de leur contexte pour faire mouliner les billets d'humeur (massacrante) de nos confrères en mal d'inspiration pour ne pas dire en déficit d'attention ? Les errances surréalistes de lufdbf se suffiraient-elles désormais à elles-mêmes à l'image de leurs mots aux consonances troublantes ? En un seul comme en cent : oui, cent fois oui.

Chronique du : 23/01/2012 - par RabbitInYourHeadlights pour indierockmag.com


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#2 RabbitInYourHeadlights

    Poxvirus Lapinus


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Posté 24 janvier 2012 - 14:01

Pas de comparaisons certes mais si vous aimez Kat Onoma, Rodolphe Burger, Gainsbourg donc et les poésie surréaliste en général ne passez pas à côté de cette petite merveille. :wub:
"Pass me the scalpel, I’ll make an incision
I’ll cut off the part of your brain that does the bitching
Put it in formaldehyde and put it on the shelf
And you can show it to your friends and say that’s my old self"

MCA, 1964-2012

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#3 RabbitInYourHeadlights

    Poxvirus Lapinus


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Posté 30 mars 2012 - 12:05

L'album s'écoute désormais via Bandcamp (où le premier extrait de presse cité vient de cette chronique :interpol: ).
"Pass me the scalpel, I’ll make an incision
I’ll cut off the part of your brain that does the bitching
Put it in formaldehyde and put it on the shelf
And you can show it to your friends and say that’s my old self"

MCA, 1964-2012

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