Aller au contenu


Photo

Epidemian + An-ki @ Rock Classic Bar (25/08/12)


  • Veuillez vous connecter pour répondre
3 réponses à ce sujet

#1 l'oxymore

l'oxymore

    Visiteur régulier

  • Membres
  • 39 messages
  • Location:la caravane qui prend racine dans ton jardin
  • Interests:ce que les caprices de la fortune sont à même de me concéder
  • Love:ce que j'ai appris à ne plus dédaigner
  • Hate:ce que je n'ai pas encore appris à apprécier

Posté 01 October 2012 - 01:05

Grande Première ce soir-là au Rock Classic Bar ! Le temple bruxellois du Hard-Rock et du Heavy Metal a accueilli, pour la première fois de son histoire, deux formations de Metal Extrême -à savoir Epidemian et An-ki.Et l’événement était d’autant plus éloquent pour ce dernier qu’il s’agissait là de sa toute première représentation publique -et pour le coup, de la première expérience scénique pour deux de ses membres.

Image IPB

An-ki a ouvert les hostilités avec un Black Metal -que je cataloguerais de- mélodique. Par mélodiques, j’entends que les compositions d’An-ki ne sonnent nullement primitives, ni outrancièrement brutales mais qu’elles se révèlent au contraire travaillées et réfléchies. Celles-ci ne se cantonnent jamais à l’expression réductrice d’une haine aveugle ou d’une misanthropie obscurantiste, et préfèrent sciemment nuancer les propos et les atmosphères. Mais varier les sévices auditifs de la sorte ne signifie aucunement ici corrompre les émotions sombres et/ou maladives inhérentes au genre. N’espérez donc point de la part d’An-ki des jolies mélodies -de ces mélodies guimauves dont la scène finlandaise a parfois le mauvais goût de nous abreuver. Dans le cas qui nous occupe, il s’agit plutôt de distiller dans un Black Metal d’influence scandinave (principalement norvégienne), la pesanteur du Doom, la hargne du Thrash ou encore les dissonances nauséeuses d’un Drone/Ambient. Diversité et nuance sont les mots d’ordre de la jeune formation, que se soit au niveau des compositions ou encore du jeu de ses membres. Néanmoins, malgré la qualité évidente des compositions, je pense que l’apport mélodique d’une seconde guitare et/ou d’un clavier leur procurerait davantage d’impact -surtout en regard du style de Black Metal pratiqué ici. Heureusement, le groupe a intelligemment tourné cette « lacune » à son avantage : l’espace sonore « vacant » a donné au bassiste l’occasion de pleinement s’exprimer. Parfaitement audible, la basse ne se contente pas d’accompagner la guitare, elle n’hésite jamais à se frayer un chemin propre au sein des morceaux. Bref, il ne serait aucunement exagéré de soutenir que les compositions d’An-ki recèlent un degré certain de richesse musicale. Et celle-ci a, en toute logique, permis au set de la soirée d’éviter l’écueil de la monotonie et de l’ennuie. Par ailleurs, la set-list m’a paru judicieusement pensée, avec une alternance de morceaux mélodiques et d’autres plus rentre-dedans, pour ensuite terminer en apothéose avec ce que je considère -à titre personnel- comme les deux titres phares du groupe. Quant à la prestation des musiciens à proprement parler, le bilan final s’est avéré plutôt positif -surtout pour un premier concert. A l’exception faite du dernier morceau, l’interprétation s’est déroulée sans accrocs majeurs. Seul le chant clair ne m’a pas totalement convaincu, il m’a semblé parfois manqué de tripes. Mais à la décharge du chanteur, il faut reconnaître que la balance du set ne lui a pas rendu justice ; le chant, de manière générale, ne s’entendait pas toujours distinctement. Quoi qu’il en soit, les membres d’An-ki ont su défendre honorablement leurs compositions sur scène. Ils étaient -de toute évidence- concentrés sur ce qu’ils faisaient. Certains d’entre eux étaient d’ailleurs tant concentrés sur leur jeu que je me suis quelques fois demandé s’ils réalisaient bien qu’ils jouaient sur scène, devant un public. Mais bon, la retenue et le manque d’aisance affichés par ces derniers sont assurément à mettre sur le compte du manque d’expérience scénique et du stress lié à une première représentation publique. Néanmoins, bien que je m’oblige à souligner ces légers soucis, ceux-ci ne me paraissent pas rédhibitoires. D’une part, ils n’ont point gâché le plaisir que m’a procuré le concert. D’autre part, j’ai la certitude qu’ils s’estomperont avec le bénéfice de l’expérience acquise.

Image IPB

AN-KI




Le second groupe à débarquer sur scène ce soir-là était Epidemian. Avec un patronyme tel que celui-là, je m’attendais à du Death bourrin à la Cannibal Corpse. Or les flyers à ma portée m’ont aussitôt signalé qu’il s’agissait de Tech/Death Metal. Mais bon, avec une telle épithète, pas la peine d’envisager un Death cérébral à la Cynic ou Atheist. En fait, je m’imaginais surtout quelque chose d’abscons et de totalement indigeste. Après tout, que pourrait bien causer un amalgame de bourrinages et de techniques si ce n’était l’indigestion, pensais-je ? Et bien, non ! Dès le premier morceau lancé, il n’a été nullement question d’indigestion mais de claques dans la gueule. En fait, une avalanche de claques dans la gueule ! Avec un jeu percussif complexe, mais puissant et rapide -qui ferait headbanguer à coup sûr un paraplégique- une guitare et basse des plus furieuses et impitoyables, sans compter cette voix d’outre-tombe vraiment imposante, comment aurait-il pu en être autrement ? Mais bon, si les compositions d’Epidemian s’étaient cantonnées à la brutalité brute, j’aurais jugé celles-ci vaines et stériles… et je me serais fait chier comme un rat mort. Heureusement pour moi, le guitariste n’était pas un manchot -pas plus que les autres membres du groupe d’ailleurs. Celui-ci avait plus d’une corde à sa gratte : entre les riffs massifs et brutaux, il a intelligemment inséré ci et là de superbes mélodies mémorables, mélodies assurément belles à pleurer -ce que je peux être fleur bleue quand j’écoute du Death ! Ces dernières ont alors conféré aux morceaux une accroche savoureuse et leur ont également permis de respirer, leur évitant de ce fait toute monotonie asphyxiante. Bref, Epidemian nous a servi là du gros Death Metal technique et mélodique. Or, à ces quelques lignes, j’en vois déjà certains raccrocher le Death d’Epidemian à la scène de Göteborg. Et, d’une certaine manière, ils n’auraient pas totalement tort. Il est vrai que les mélodies dispensées par Epidemian sont épiques, sombres, tristes et/ou mélancoliques et lorgnent souvent vers le Black scandinave des années 90. Seulement voilà, quand Epidemian nous pond des riffs mélodiques, il ne perd jamais de vue qu’il joue du Metal BRUTAL, critère essentiel qu’oublient souvent nombres de groupes de Göteborg. La section rythmique est d’ailleurs là pour nous le rappeler à chaque instant. C’est pourquoi, le rendu musical d’Epidemian me rappelle davantage Vital Remains ou Anaal Nathrakh que la scène de Göteborg -même si ce dernier joue, je le concède, dans un tout autre registre. Ce qui lie ces groupes selon moi, c’est leur faculté à ne point faire dans la demi-mesure : quand une partie est brutale, elle est pleinement brutale, et quand elle se veut mélodique, les mélodies sont à pleurer. C’est un fait, les gars d’Epidemian ont trouvé un savant compromis entre la brutalité et l’accroche mélodique, bien que la première ait parfois tendance à prendre le dessus. A ce propos, une once de mélodies supplémentaires (par le biais d’une seconde guitare par exemple) aurait -à mon sens- mieux équilibré la répartition brutalité/mélodies, et ainsi donné davantage de variété aux compositions. Mais bon, c’est mon côté fleur bleue qui chipote un peu ici (faut bien que j’émette une critique ou l’autre sinon je vais me faire taxé de vendu) car un adepte de la brutalité soutiendrait probablement le contraire. Quant à la prestation scénique, pas besoin de m’épancher longuement dessus : celle-ci était juste impeccable. On sent ces musiciens-là rodés, maîtrisant totalement leurs compositions et leur prestation. Le chanteur a rempli son rôle de frontman à la perfection et chacun des autres musiciens s’est mis en avant quand la musique le réclamait.

Image IPB

EPIDEMIAN




Pour une Grande Première, c’était là une grande Grande Première. Voir des groupes de Metal Extrême squatter le haut lieu du Hard-Rock et du Heavy Metal bruxellois, ne seraient-ce donc pas les prémisses d’un changement de mentalité et d’une reconnaissance ? Quoi qu’il en soit, c’était surtout pour moi l’occasion de découvrir deux formations belges des plus prometteuses. Voir la scène Extrême belge recéler de tels groupes m’a agréablement surpris et également rassuré sur sa santé et son avenir.

PS : pour ceux que cela intéresse, tous les morceaux d’Epidemian sont en écoute libre à l’adresse suivant : http://soundcloud.co...idemianofficial. Toutefois -selon les dires du groupe- il ne s’agit pas ici de la version finalisée : la basse n’est pas présente par exemple,… De ce fait, ne vous attendez donc pas à retrouver ici toute la puissance qui se dégage de leurs concerts. Prenez plutôt cet enregistrement comme l'occasion de vous faire une idée de leurs compositions.

Modifié par l'oxymore, 03 October 2012 - 15:29.

Ce n'est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, c'est celle des autres.

DAF de Sade.


#2 Guismo

Guismo

    Indie Rock Fanatic

  • Indie Rock Fanatic
  • 2931 messages
  • Location:Brussels
  • Interests:Guitar, eSport, ukulélé
  • Love:Thee More Shallows, Notwist
  • Hate:To leave bed

Posté 01 October 2012 - 07:58

Merci pour le CR! Et même si je suis encore plus inculte dans ces genres musicaux que pour le reste, je me tenterai un petit An-ki prochainement pour confirmer ou infirmer tes dires :-)

#3 Morholt

Morholt

    Visiteur

  • Membres
  • 1 messages

Posté 01 October 2012 - 09:36

Guismo, nous serons en concert à Liège le 13 octobre. :-) http://www.facebook.com/anki.band
Merci l'oxymore d'avoir choisi la photo la plus moche du concert ! ;-)

#4 l'oxymore

l'oxymore

    Visiteur régulier

  • Membres
  • 39 messages
  • Location:la caravane qui prend racine dans ton jardin
  • Interests:ce que les caprices de la fortune sont à même de me concéder
  • Love:ce que j'ai appris à ne plus dédaigner
  • Hate:ce que je n'ai pas encore appris à apprécier

Posté 02 October 2012 - 02:18

je me tenterai un petit An-ki prochainement pour confirmer ou infirmer tes dires :-)


si on se met à ne plus prendre pour paroles d'évangile tout ce qu'on vous raconte, mais où va-t-on, je vous le demande? le réflexe grégaire se perd de nos jours, ma bonne dame!!!

Merci l'oxymore d'avoir choisi la photo la plus moche du concert ! ;-)


on est black metal ou on ne l'est pas... plus sérieusement, c'est une des rares photos que j'ai trouvées où vous étiez au complet. j'avoue que j'ai hésité avec celle en noir et blanc, mais j'ai préféré me réserver cette dernière pour illustrer l'interview qui doit suivre.
Ce n'est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, c'est celle des autres.

DAF de Sade.





0 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 invité(s) et 0 utilisateur(s) anonyme(s)