Aller au contenu


Photo

Musiques de films


  • Veuillez vous connecter pour répondre
41 réponses à ce sujet

#16 Invités_adrien49_*

Invités_adrien49_*
  • Invité

Posté 27 June 2006 - 15:35




Réponse au hors-sujet: je sais pas pour le chinois, mais en tout cas il y a un équivalent de n'importe quel mot ou nom japonais en alphabet latin. Et "Hi" et "i" ça n'est pas du tout pareil, les japonais aspirent les h.
Mais bon, en même temps, Joe, c'est pas japonais du tout, ou alors ça se prononce "joé" (et pas "djo").


:yes:

(moi aussi j'avais cette réponse bien sûr... :zut: :rolleyes: :zut: )

OK... :yes:
Est ce que les anglophones ecrivent de la meme facon ces nom là?? <_< <_<


J'ai la réponse bien sûr mais je la laisse à adrien49, ça lui fera plaisir... :zut: :P :zut:


;)
La réponse est oui, bien sûr, vu que celui qui a établi les tables de transcriptions des hiraganas et des katakanas en lettres latines portait le nom de Hepburn, et c'était donc un anglais, bien entendu.

Modifié par adrien49, 27 June 2006 - 15:36.


#17 IssaNissa

IssaNissa

    Membre omniprésent

  • Membres
  • 368 messages
  • Location:Nanterre

Posté 27 June 2006 - 16:57





Réponse au hors-sujet: je sais pas pour le chinois, mais en tout cas il y a un équivalent de n'importe quel mot ou nom japonais en alphabet latin. Et "Hi" et "i" ça n'est pas du tout pareil, les japonais aspirent les h.
Mais bon, en même temps, Joe, c'est pas japonais du tout, ou alors ça se prononce "joé" (et pas "djo").

:yes:
(moi aussi j'avais cette réponse bien sûr... :zut: :rolleyes: :zut: )

OK... :yes:
Est ce que les anglophones ecrivent de la meme facon ces nom là?? <_< <_<

J'ai la réponse bien sûr mais je la laisse à adrien49, ça lui fera plaisir... :zut: :P :zut:

;)
La réponse est oui, bien sûr, vu que celui qui a établi les tables de transcriptions des hiraganas et des katakanas en lettres latines portait le nom de Hepburn, et c'était donc un anglais, bien entendu.

Image IPBImage IPBImage IPB

#18 RabbitInYourHeadlights

RabbitInYourHeadlights

    Poxvirus Lapinus

  • Indie Rock Mag
  • 29892 messages
  • Location:Le dernier terrier sur la gauche
  • Love:GS Herren, RC Lange et DM Stith
  • Hate:Qu'on vampirise mes weekends

Posté 31 July 2007 - 21:36

Tiens je viens de repenser qu'on avait jamais vraiment lancé de topic sur les compositeurs de BO's actuels... :zut: ça inspire quelqu'un ? :peace:

#19 kfigaro

kfigaro

    Visiteur régulier

  • Membres
  • 33 messages

Posté 19 December 2007 - 18:12

Je suis un passionné des BOs françaises en général (Delerue, Philippe Sarde, Jean Prodromidès, Antoine Duhamel, Pierre Jansen, Michel Colombier...) et de l'école américaine "impressionniste" des années 60 et 70 (dont Schifrin)... je suis très content de voir que je ne suis pas le seul ici et qu'on trouve même des sacrés connaisseurs ! ;)

Ennio Morricone : God himself, plus de 500 BO à son actif, du plus intello des films d'auteurs au plus trivial des films de Q, entre lyrisme bouleversant et expérimentations insensées.


Morricone est, à mon humble avis, bien meilleur quand il expérimente que quand il fait dans le lyrisme ! ;) en fait, je ne raffole pas vraiment du Morricone purement mélodique, il n'a jamais ou très rarement la finesse que peuvent avoir un Schifrin, un Sarde ou un North, et ses thèmes d'amour sont souvent assez sirupeux...

Par contre le Morricone expérimental ou un peu abstrait est à tomber par terre, notamment chez Pasolini ("Théorème" pour ne citer que lui) ou dans le film fantastique "Leonor", mais également le Morricone énergique dans les polars (je me demande d'ailleurs si le "Mask" de Bauhaus n'a pas été influencé par "La cité de la violence" ? ça ressemble tellement !) et le Morricone atonal des galios (dont les Dario Argento).


et Melody Nelson de Gainsbourg


à mon avis, rien à voir avec Morricone !! ;) Jean-Claude Vannier a, par contre, été très influencé par les cordes de la musique classique arabe (il l'a d'ailleurs affirmé lui-même), à mon sens, "Melody Nelson" est une musique unique, inclassable et "à part" (même dans la disco de Gainsbourg)...

John Barry


Je connais moins bien mais je recommande sa formidable BO pour "The chase" : c'est vraiment splendide, une écriture symphonique nerveuse et inquiète avec un très beau thème de suspense. Seul bémol avec lui : il a tendance (un peu comme Morricone d'ailleurs même si ce dernier ne le fait pas toujours) a se "reposer" sur un ou deux thèmes et à les réutiliser tels quels comme des scies ou des "gimmicks", rien à voir avec Schifrin ou Goldsmith qui ont tendance au contraire à multiplier les motifs jusqu'à l'atonalité et l'extrême complexité...

Henry Mancini


Pour lui, attention il y a un piège ! En effet j'ai longtemps cru qu'il s'agit d'un musicien un peu "lounge" avec des mélodies un peu faciles à siffloter au coin du lit, grosse erreur ! Mancini c'est aussi une personnalité un peu "double" (qu'on peut d'ailleurs entendre sur "Charade" qui, comme par hasard, n'a été édité intégralement - je parle de la musique de "fosse"), sa facette la plus connue étant effectivement celle que tu décris, un mélodiste sur-doué et expert en "ambiance cocktail-easy listening-musique pour se détendre" (en général les musiques de source des films qu'il illustre), mais dans le même temps il peut aussi composer d'étonnantes BOs assez terrifiantes et angoissantes comme "Wait Until Dark" (CD sorti tout récemment) ou "The night visitor" (qui existe aussi en CD) :

Image IPB

écoutez ces 2 thèmes ci :
Extrait 1
Extrait 2

vous allez avoir du mal à reconnaître là dedans l'auteur de la "Panthère rose" ! ;)

Bernard Hermann


Pour moi c'est le maître absolu, mais surtout à partir des années 50, dans les années 40, il était encore très imprégné de l'école néo-romantique en vogue à Hollywood depuis les années 30... à partir des 50s, son style est devenu nettement plus minimaliste et souvent plus impressionniste (recherche de motifs, de textures, de couleurs instrumentales inédites, etc...)

j'ai fait une bio détaillée sur lui ici :
http://www.cinezik.o...?compo=herrmann

de même que pour d'autres musiciens filmiques dont les liens se trouvent ici :
http://pagespro-oran...liens/index.htm (Takemitsu, Sarde, Delerue, Jobim, etc...)

Compositeur psychotique et puissant, Danny Elfman et John Williams, chacun de leur côté, lui doivent beaucoup.


Plus Elfman que Williams en fait (qui lui doit plus une dette à Steiner ou Korngold), mais sinon tu oublies aussi Schifrin, voire le Sarde de "Barocco"...

Lalo Schifrin


Attention, là encore Schifrin ne se résume pas à "Bullitt" et "Dirty Harry", Schifrin c'est aussi le lyrisme bouleversant et debussyste de "Voyage of the damned", l'expérimentation à la Messiaen sur "THX1138", l'orchestre extrêmement raffiné de "La peau". Avec Schifrin, on a à faire à une personnalité double, partagé entre son amour du jazz et une tradition classique solide avec une touche harmonique totalement française (il fut formé par Charles Koechlin et Olivier Messiaen). On oublie trop souvent qu'il est l'auteur d'une symphonie, de concertos, de plusieurs cantates, etc...

Article à lire ici (je l'ai co-écrit avec mon ami Stéphane Abdallah) pour en savoir plus :
http://www.traxzone....dex.asp?id=2288

A noter que Schifrin lui-même a réarrangé Bullitt il y a quelques années, version a éviter si possible : visiblement il avait perdu la flamme... :(


Faux !! c'est justement l'inverse qui s'est produit, le LP officiel (très commercial et totalement incomplet) de "Bullitt" était une sorte de musique purement "jazz", presque "à danser", alors que ce qu'on entend dans le film est bien plus tendu et éthéré !!!! rien à voir et c'est cette facette là que Schifrin a ré-enregistrée (et sans changer la moindre note ! j'ai attentivement écouté la BO dans le film, tu peux me croire !!)

Nino Rota


Immense monsieur en effet dont on ne parle pas assez... Son "Casanova" et son "Roma" n'ont à mon sens jamais été égalé en matière de BO ! J'ai également écrit sa biographie en ligne (voir lien ci-dessus)

Jerry Fielding


Une belle énergie en effet... Je ne suis pas du tout expert mais j'adore particulièrement son "Scorpio". Un bémol là encore sur l'aspect purement mélodique, quelques lourdeurs (le sempiternel violon solo, etc...) par rapport à Schifrin ou North, mais sur le plan orchestral et la nervosité, c'est du tout bon !

Dans un genre voisin, je recommande aussi chaudement le formidable (et relativement méconnu finalement) Quincy Jones, ses BOs de polars ou de thrillers sont littéralement extra-ordinaires ! (harmonies à la Messiaen, orchestrations subtiles, etc... une sacrée revanche pour un gosse de la rue devenu une star du jazz et des arrangements orchestraux !)

La suite prochainement ! ;)

#20 RabbitInYourHeadlights

RabbitInYourHeadlights

    Poxvirus Lapinus

  • Indie Rock Mag
  • 29892 messages
  • Location:Le dernier terrier sur la gauche
  • Love:GS Herren, RC Lange et DM Stith
  • Hate:Qu'on vampirise mes weekends

Posté 19 December 2007 - 20:41

Morricone est, à mon humble avis, bien meilleur quand il expérimente que quand il fait dans le lyrisme ! ;) en fait, je ne raffole pas vraiment du Morricone purement mélodique, il n'a jamais ou très rarement la finesse que peuvent avoir un Schifrin, un Sarde ou un North, et ses thèmes d'amour sont souvent assez sirupeux...


Sacrilège, je répondrai même pas à ça... :rolleyes: Tu connais la bande originale d'Il était une fois en Amérique au moins ? :o:

et Melody Nelson de Gainsbourg


à mon avis, rien à voir avec Morricone !! ;) Jean-Claude Vannier a, par contre, été très influencé par les cordes de la musique classique arabe (il l'a d'ailleurs affirmé lui-même), à mon sens, "Melody Nelson" est une musique unique, inclassable et "à part" (même dans la disco de Gainsbourg)...


D'accord pour les cordes mais les basses ou la guitare acoustique de Gainsbourg, en particulier sur cet album qui soit dit en passant est le seul qui compte vraiment pour moi dans sa discographie, sont nettement influencées par Morricone je trouve. :zut:

John Barry


Je connais moins bien mais je recommande sa formidable BO pour "The chase" : c'est vraiment splendide, une écriture symphonique nerveuse et inquiète avec un très beau thème de suspense. Seul bémol avec lui : il a tendance (un peu comme Morricone d'ailleurs même si ce dernier ne le fait pas toujours) a se "reposer" sur un ou deux thèmes et à les réutiliser tels quels comme des scies ou des "gimmicks", rien à voir avec Schifrin ou Goldsmith qui ont tendance au contraire à multiplier les motifs jusqu'à l'atonalité et l'extrême complexité...


Ni Morricone ni Barry, compositeurs riches et complexes par excellence y compris et surtout dans leurs BO's les plus mélodiques, ne se "reposent" pas si souvent sur un thème musical unique je trouve (ou alors pour de passionnantes variations), même si ça arrive clairement à Barry dans certaines de ses plus belles bandes originales "récentes" (comprendre à partir des années 80)... mais écoute une BO comme celle de Midnight Cowboy, par exemple, pour rester dans les plus connues, et tu verras que son travail de composition peut être réellement très différent. ;)

Mancini c'est aussi une personnalité un peu "double" (qu'on peut d'ailleurs entendre sur "Charade" qui, comme par hasard, n'a été édité intégralement - je parle de la musique de "fosse"), sa facette la plus connue étant effectivement celle que tu décris, un mélodiste sur-doué et expert en "ambiance cocktail-easy listening-musique pour se détendre" (en général les musiques de source des films qu'il illustre)


Ah mais j'ai jamais dit que les BO's de Mancini pour Blake Edwards par exemple étaient "lounge" ! Elles sont faussement lounge au contraire, et profondément bouleversantes... Par contre tu as bien fait d'en rajouter une couche sur ses bandes originales plus ténébreuses, même si personnellement je trouve qu'il s'agit d'une facette beaucoup moins intéressante de son oeuvre...

A noter que Schifrin lui-même a réarrangé Bullitt il y a quelques années, version a éviter si possible : visiblement il avait perdu la flamme... :(


Faux !! c'est justement l'inverse qui s'est produit, le LP officiel (très commercial et totalement incomplet) de "Bullitt" était une sorte de musique purement "jazz", presque "à danser", alors que ce qu'on entend dans le film est bien plus tendu et éthéré !!!! rien à voir et c'est cette facette là que Schifrin a ré-enregistrée (et sans changer la moindre note ! j'ai attentivement écouté la BO dans le film, tu peux me croire !!)


Autant pour moi pour l'imprécision, je parlais bien de cet album "officiel", et il s'agit néanmoins d'une version réengistrée par Schifrin récemment, non ? :chepa: (en 2001 ou quelque chose comme ça il me semble...)

Dans un genre voisin, je recommande aussi chaudement le formidable (et relativement méconnu finalement) Quincy Jones, ses BOs de polars ou de thrillers sont littéralement extra-ordinaires ! (harmonies à la Messiaen, orchestrations subtiles, etc... une sacrée revanche pour un gosse de la rue devenu une star du jazz et des arrangements orchestraux !)


Personnellement j'ai toujours trouvé Quincy Jones très vieillot, mais bon je ne connais pas toute sa discographie, loin de là...

Je suis un passionné des BOs françaises en général (Delerue, Philippe Sarde, Jean Prodromidès, Antoine Duhamel, Pierre Jansen, Michel Colombier...) et de l'école américaine "impressionniste" des années 60 et 70 (dont Schifrin)... je suis très content de voir que je ne suis pas le seul ici et qu'on trouve même des sacrés connaisseurs ! ;)


De même. :peace: Et merci à toi d'avoir relancé ce sujet. ;)

#21 kfigaro

kfigaro

    Visiteur régulier

  • Membres
  • 33 messages

Posté 19 December 2007 - 21:56

Sacrilège, je répondrai même pas à ça... :rolleyes: Tu connais la bande originale d'Il était une fois en Amérique au moins ? :o:


Le "Deborah's Theme" par exemple ?, je viens de le réécouter rapidement... Franchement je trouve ça un peu "exagéré", voire souligné et ça ne m'enthousiasme pas autant que le "Love theme" de "THX1138" (très à la Takemitsu, hyper subtil) ou encore le sublime "Love theme" de "The misfits" de North (d'un incroyable délicatesse, à pleurer tellement c'est beau ! mais qui connaît ça ??), sans parler du thème d'amour de "Montparnasse 19" de Paul Misraki (très peu connu là encore alors qu'il est bouleversant avec une finesse orchestrale inimaginable de nos jours, on sent toute la tradition française, celle de Debussy, Koechlin... à chialer comme un veau !)

D'accord pour les cordes mais les basses ou la guitare acoustique de Gainsbourg, en particulier sur cet album qui soit dit en passant est le seul qui compte vraiment pour moi dans sa discographie, sont nettement influencées par Morricone je trouve. :zut:


Peut être ?, j'avoue que j'ai moins fait attention à cet aspect là, sinon tu es sévère avec Gainsbourg, tu connais son "Confidentiel" ? merveilleux disque aussi...

même si ça arrive clairement à Barry dans certaines de ses plus belles bandes originales "récentes" (comprendre à partir des années 80)...


voilà ! ;)

mais écoute une BO comme celle de Midnight Cowboy, par exemple, pour rester dans les plus connues, et tu verras que son travail de composition peut être réellement très différent. ;)


entièrement d'accord avec toi par rapport à cette BO, c'est aussi un de mes thèmes préférés de lui, Midnight Cowboy est magnifique et sa mélodie est inoubliable.

Par contre tu as bien fait d'en rajouter une couche sur ses bandes originales plus ténébreuses, même si personnellement je trouve qu'il s'agit d'une facette beaucoup moins intéressante de son oeuvre...


Pourtant Mancini a été l'un des 1ers musicien de cinéma a osé utiliser des 1/4 de tons dans une BO de suspense !!, seul Ohana l'avait fait auparavant (pour un court métrage de R.Laloux) avant que Pierre Jansen s'en inspire dans "Le boucher" pour Claude Chabrol (autre score extraordinaire)

Autant pour moi pour l'imprécision, je parlais bien de cet album "officiel", et il s'agit néanmoins d'une version réengistrée par Schifrin récemment, non ? :chepa: (en 2001 ou quelque chose comme ça il me semble...)

Tout à fait, Schifrin a réenregistré "Bullitt" (ainsi que "The fox" et d'autres BO des années 60) mais pour une raison en fait toute simple : non seulement la soit disant BO originale est incomplète (il manque tous les passages de suspense dans le vynil "d'origine") mais pire que ça, la BO de 68 a elle-même été réenregistrée !!! (peu après le film je crois) donc en fait il n'existe pas réellement de bande "originale" de "Bullitt", tout comme d'ailleurs (et c'est peu connu), il n'existe pas non plus de "bande originale" de films aussi célèbres que "Psycho" d'Hitchcock ni même du "Alien" de R.Scott (sauf très récemment, mais ça date de 2 mois ! ;) c'est tout récent et uniquement pour spécialistes en BOs). Pour "Psycho", ce qu'on croit être la "bande originale" est également un réenregistrement (fait par Herrmann lui même et en 1975 sur le label Unicorn), la vraie BO n'existe qu'en pirate (au son pourri bien entendu), idem pour "Fahrenheit 451" d'ailleurs)

Autre chose : le réenregistrement d'une musique de film (musique "écrite" à 98%, contrairement au jazz et au rock) est une pratique non seulement courante mais tout à fait légitime (comme dans le classique d'ailleurs ! plus personne ou presque n'écoute Stravinski par Stravinski, Mahler par Mahler, de nos jours...), surtout si c'est un chef comme Schifrin qui s'y colle ! ;)

Schifrin a également réenregistré "Amityville" sur son label Aleph et le résultat est formidable (et à mon avis mieux que la BO d'origine).

Personnellement j'ai toujours trouvé Quincy Jones très vieillot, mais bon je ne connais pas toute sa discographie, loin de là...

Ses BOs sont absolument somptueuses je t'assure, surtout "In cold blood", on dirait d'ailleurs souvent du Messiaen, c'est incroyablement bien foutu sur le plan harmonique !

Sinon dans un genre assez proche, tu as aussi Don Ellis : jette toi sur "French connection", tu m'en diras des nouvelles !!! il est à tomber ce score.

Modifié par kfigaro, 19 December 2007 - 22:00.


#22 RabbitInYourHeadlights

RabbitInYourHeadlights

    Poxvirus Lapinus

  • Indie Rock Mag
  • 29892 messages
  • Location:Le dernier terrier sur la gauche
  • Love:GS Herren, RC Lange et DM Stith
  • Hate:Qu'on vampirise mes weekends

Posté 20 December 2007 - 17:48

ou encore le sublime "Love theme" de "The misfits" de North (d'un incroyable délicatesse, à pleurer tellement c'est beau ! mais qui connaît ça ??)


Ben moi, et c'est effectivement une très belle bande originale (même si le film est loin de faire partie de mes préférés de Huston...), mais ça n'arrive pas à la cheville de Morricone à mon avis, et les autres musiciens que tu cites encore moins. Je suis sans doute partial, j'ai été biberonné à Morricone... mais le fait est que c'est un musicien infiniment plus moderne dans sa façon même de concevoir la musique, de composer dans l'espace, de travailler les textures sonores... et pour cela lorsque ses thèmes sont repris par d'autres ils y perdent considérablement (cf. le concert de Yo-Yo Ma... :zut: ). Enfin voilà, pour moi son travail n'est comparable à celui d'aucun musicien l'ayant précédé (tu me répondras sans doute que nombre de musiciens ont commencé à travailler l'espace bien avant lui, notamment Satie et Debussy, mais ça n'a jamais pris suffisamment le pas chez eux sur les codes classiques de la composition pour qu'il ne demeure pas dans leur musique de réminiscences terriblement datées je trouve), et beaucoup plus proche dans l'esprit (et parfois même davantage) de celui des grands musiciens actuels qui parfois lui doivent d'ailleurs beaucoup, sans que cela n'enlève rien à leur génie visionnaire bien sûr (Massive Attack, Tortoise, Radiohead, A Silver Mt. Zion, Gastr Del Sol, Gustavo Santaolalla... pour n'en citer que quelques-uns).

Je disais en gros la même chose de Coltrane dans un autre sujet, mais ils me semblent être en effet les deux musiciens les plus profondément modernes des années 60 (qui en comptent pourtant bien d'autres, entre Bacharach, Schifrin, Nick Drake, Sun Ra, Brian Wilson, John Cale...).

Peut être ?, j'avoue que j'ai moins fait attention à cet aspect là, sinon tu es sévère avec Gainsbourg, tu connais son "Confidentiel" ? merveilleux disque aussi...


Alors là j'avoue que tu m'intrigues... :D d'habitude on me rétorque "ah oui mais as-tu déjà écouté L'homme à la tête de choux ?", ce à quoi je réponds "oui, justement..." :zut: Or là j'avoue ne pas du tout connaître cet album... il faudra que je me penche dessus un de ces jours. :)

Quant à Melody Nelson, cet album est d'une modernité effarante... d'ailleurs Beck et Portishead, notamment, ne s'y sont pas trompés. :yes:

Pourtant Mancini a été l'un des 1ers musicien de cinéma a osé utiliser des 1/4 de tons dans une BO de suspense !!, seul Ohana l'avait fait auparavant (pour un court métrage de R.Laloux) avant que Pierre Jansen s'en inspire dans "Le boucher" pour Claude Chabrol (autre score extraordinaire)


Ah oui mais si on commence à entrer dans les termes techniques... :zut: De toute façon je ne conteste pas le caractère ponnier de ces enregistements de Mancini, je dis seulement les considérer comme mineurs au vu de l'émotion que me procure le reste de sa discographie. Charade, par contre, qui mêle un peu les deux aspects, est certainement son plus beau score. :wub:

Et sinon bien d'accord sur Le boucher (et quel film, là encore ! :wub: ), d'ailleurs j'aime également beaucoup Jansen pour ses BO's pour Melville, notamment. :peace:

Tout à fait, Schifrin a réenregistré "Bullitt" (ainsi que "The fox" et d'autres BO des années 60) mais pour une raison en fait toute simple : non seulement la soit disant BO originale est incomplète (il manque tous les passages de suspense dans le vynil "d'origine") mais pire que ça, la BO de 68 a elle-même été réenregistrée !!! (peu après le film je crois) donc en fait il n'existe pas réellement de bande "originale" de "Bullitt", tout comme d'ailleurs (et c'est peu connu), il n'existe pas non plus de "bande originale" de films aussi célèbres que "Psycho" d'Hitchcock ni même du "Alien" de R.Scott (sauf très récemment, mais ça date de 2 mois ! ;) c'est tout récent et uniquement pour spécialistes en BOs). Pour "Psycho", ce qu'on croit être la "bande originale" est également un réenregistrement (fait par Herrmann lui même et en 1975 sur le label Unicorn), la vraie BO n'existe qu'en pirate (au son pourri bien entendu), idem pour "Fahrenheit 451" d'ailleurs)


Merci à toi pour ces précisions. ;)

Ses BOs sont absolument somptueuses je t'assure, surtout "In cold blood", on dirait d'ailleurs souvent du Messiaen, c'est incroyablement bien foutu sur le plan harmonique !


Euh... justement ?... :zut:

Ah et puis avec tout ça j'avais oublié de réagir sur Hermann...

Bernard Hermann


Pour moi c'est le maître absolu, mais surtout à partir des années 50, dans les années 40, il était encore très imprégné de l'école néo-romantique en vogue à Hollywood depuis les années 30... à partir des 50s, son style est devenu nettement plus minimaliste et souvent plus impressionniste (recherche de motifs, de textures, de couleurs instrumentales inédites, etc...)


Assez d'accord, même si certaines de ses BO's des années 40 (celle de Citizen Kane notamment), dans un style certes différent, n'ont rien à envier aux meilleures qu'il ait composées pour Hitchcock. Quoi qu'il en soit, mes préférées, à part celle de Vertigo bien sûr, seraient plutôt à chercher chez Scorsese ou De Palma, Obession et Taxi Driver étant pour moi ses deux plus beaux scores d'assez loin, tout à la fois atmosphériques, psychotiques et romantiques. :peace:

Et sinon au fait pour Michel Legrand, connais-tu RJD2 et Sole, qui ont tous deux samplé le thème du Messager de façon formidable ? (ce dernier a également samplé The Windmills Of Your Mind sur son dernier album, et doit également beaucoup à Schifrin en général)

#23 kfigaro

kfigaro

    Visiteur régulier

  • Membres
  • 33 messages

Posté 20 December 2007 - 18:49

Ben moi, et c'est effectivement une très belle bande originale (même si le film est loin de faire partie de mes préférés de Huston...), mais ça n'arrive pas à la cheville de Morricone à mon avis, et les autres musiciens que tu cites encore moins.

On n'a effectivement pas du tout la même approche (c'est pas grave, on s'entendra sûrement sur d'autres artistes ! ;)), moi ce qui m'intéresse en priorité ce n'est pas du tout l'efficacité du thème en "tant que tel" (cf les gimmicks ou les mélodies puissantes et si "évidentes" de Morricone ou Barry) mais sa faculté de se fondre dans le film pour devenir une sorte de "3ème dimension" presque impalpable (et qui va influencer le spectateur presque sans qu'il s'en aperçoive ! c'est très subtil).

Et à ce petit jeu là et suivant ce paradigme purement "filmique" (et non musical !), je trouve que le Morricone le plus connu du grand public (celui de Leone par ex) est nettement moins efficace que sa facette plus "art et essai" (surtout son travail pour Pasolini que presque personne ne connaît, les CDs étant peu nombreux), ni du travail d'un Philippe Sarde (que j'adore plus que tout), d'un North, d'un Michel Colombier, d'un Schifrin, d'un Delerue, d'un Misraki, d'un Legrand ou d'un Claude Bolling qui, eux vont se fondre totalement dans l'univers du metteur en scène pour presque disparaître (et c'est le cas par exemple dans les BOs de Bolling pour Deray : je pense à "Flic story" ou "Un papillon sur l'épaule" qui sont des modèles "d'épure" et de discrétion sans jamais sacrifier sur la qualité), tout le contraire de Morricone qui au contraire, va bien montrer et souligner qu'il est présent avec un thème très reconnaissable !. ;)

En fait j'ai une conception presque "bressonnienne" de la musique de film ;) pour moi, plus c'est épuré et retenu, plus je suis bouleversé (et "Montparnasse 19" et "The misfits", ça se pose là en matière de retenue !!!), alors ne t'étonne pas que j'ai un mal de chien avec le pathos débordant et archi extraverti de "La califfa", "La banquière" ou "1900" !! :)

notamment Satie et Debussy, mais ça n'a jamais pris suffisamment le pas chez eux sur les codes classiques de la composition pour qu'il ne demeure pas dans leur musique de réminiscences terriblement datées je trouve)

qu'est ce que tu trouves daté chez Debussy ? je le trouve au contraire incroyablement moderne (même s'il n'a jamais utilisé de batterie ni de sampler évidemment ! ;))

Et sinon bien d'accord sur Le boucher (et quel film, là encore ! :wub: ), d'ailleurs j'aime également beaucoup Jansen pour ses BO's pour Melville, notamment. :peace:

euh, tu dois confondre... Jansen n'a jamais travaillé avec Melville, content que tu apprécies le "Boucher" en tout cas ! ;) essaye aussi ses "Innocents aux mains sales" et "La décade prodigieuse".

Assez d'accord, même si certaines de ses BO's des années 40 (celle de Citizen Kane notamment), dans un style certes différent, n'ont rien à envier aux meilleures qu'il ait composées pour Hitchcock.

c'est clair ! c'est son 1er chef d'oeuvre ! même si on trouve encore quelques réminiscences romantiques parfois...

Quoi qu'il en soit, mes préférées, à part celle de Vertigo bien sûr, seraient plutôt à chercher chez Scorsese ou De Palma, Obession et Taxi Driver étant pour moi ses deux plus beaux scores d'assez loin, tout à la fois atmosphériques, psychotiques et romantiques. :peace:

entièrement d'accord ! "Obsession" est un bijou extraordinaire, et tiens, justement l'influence de Debussy ("Le martyre de St Sébastien") n'a jamais été forte que dans ce score, comme quoi il n'a rien de daté ! ;)

Et sinon au fait pour Michel Legrand, connais-tu RJD2 et Sole, qui ont tous deux samplé le thème du Messager de façon formidable ? (ce dernier a également samplé The Windmills Of Your Mind sur son dernier album, et doit également beaucoup à Schifrin en général)

Non je ne connais pas...

Modifié par kfigaro, 20 December 2007 - 18:55.


#24 RabbitInYourHeadlights

RabbitInYourHeadlights

    Poxvirus Lapinus

  • Indie Rock Mag
  • 29892 messages
  • Location:Le dernier terrier sur la gauche
  • Love:GS Herren, RC Lange et DM Stith
  • Hate:Qu'on vampirise mes weekends

Posté 20 December 2007 - 19:22

Ben moi, et c'est effectivement une très belle bande originale (même si le film est loin de faire partie de mes préférés de Huston...), mais ça n'arrive pas à la cheville de Morricone à mon avis, et les autres musiciens que tu cites encore moins.

On n'a effectivement pas du tout la même approche (c'est pas grave, on s'entendra sûrement sur d'autres artistes ! ;)), moi ce qui m'intéresse en priorité ce n'est pas du tout l'efficacité du thème en "tant que tel" (cf les gimmicks ou les mélodies puissantes et si "évidentes" de Morricone ou Barry) mais sa faculté de se fondre dans le film pour devenir une sorte de "3ème dimension" presque impalpable (et qui va influencer le spectateur presque sans qu'il s'en aperçoive ! c'est très subtil).

Et à ce petit jeu là et suivant ce paradigme purement "filmique" (et non musical !), je trouve que le Morricone le plus connu du grand public (celui de Leone par ex) est nettement moins efficace que sa facette plus "art et essai" (surtout son travail pour Pasolini que presque personne ne connaît, les CDs étant peu nombreux), ni du travail d'un Philippe Sarde (que j'adore plus que tout), d'un North, d'un Michel Colombier, d'un Schifrin, d'un Delerue, d'un Misraki, d'un Legrand ou d'un Claude Bolling qui, eux vont se fondre totalement dans l'univers du metteur en scène pour presque disparaître (et c'est le cas par exemple dans les BOs de Bolling pour Deray : je pense à "Flic story" ou "Un papillon sur l'épaule" qui sont des modèles "d'épure" et de discrétion sans jamais sacrifier sur la qualité), tout le contraire de Morricone qui au contraire, va bien montrer et souligner qu'il est présent avec un thème très reconnaissable !. ;)

En fait j'ai une conception presque "bressonnienne" de la musique de film ;) pour moi, plus c'est épuré et retenu, plus je suis bouleversé (et "Montparnasse 19" et "The misfits", ça se pose là en matière de retenue !!!), alors ne t'étonne pas que j'ai un mal de chien avec le pathos débordant et archi extraverti de "La califfa", "La banquière" ou "1900" !! :)


Cette histoire de la conception bressonienne et de la "troisième dimension", j'ai lu quelques approches là-dessus et ça ne m'a guère convaincu. Masturbation intellectuelle tout ça... cette dimension n'est pas moins présente dans les films de Leone par le biais des bandes originales de Morricone que dans les films de Chabrol par exemple. Je trouve que tu as beaucoup tendance à simplifier cette facette du travail de Morricone : la musique de Morricone pour Leone, ça n'est pas seulement les thèmes mis en exergue dans les compilations pourtant. Et au contraire les bandes originales de Morricone, qui confrontent sans cesse ce qui est contenu et ce qui est exprimé, sont de fait toutes beaucoup plus complexes que tu ne le prétends. Le "tout en retenu" c'est un peu la facilité je trouve, c'est abandonner l'émotion dans la mélodie, et la musique n'a pour moi plus aucun intérêt si elle ne se fait pas l'écho des émotions complexes que ressentent les personnages, ou que le metteur en scène souhaite induire dans l'action du fait de son point de vue sur elle.

notamment Satie et Debussy, mais ça n'a jamais pris suffisamment le pas chez eux sur les codes classiques de la composition pour qu'il ne demeure pas dans leur musique de réminiscences terriblement datées je trouve)

qu'est ce que tu trouves daté chez Debussy ? je le trouve au contraire incroyablement moderne (même s'il n'a jamais utilisé de batterie ni de sampler évidemment ! ;))


Le travail dans l'espace est moderne, les mélodies bien moins... mais bon c'est aussi une question de goûts tout ça j'imagine. :rolleyes:

Et sinon bien d'accord sur Le boucher (et quel film, là encore ! :wub: ), d'ailleurs j'aime également beaucoup Jansen pour ses BO's pour Melville, notamment. :peace:

euh, tu dois confondre... Jansen n'a jamais travaillé avec Melville, content que tu apprécies le "Boucher" en tout cas ! ;) essaye aussi ses "Innocents aux mains sales" et "La décade prodigieuse".


Oulà oui j'ai complètement confondu Demarsan, pas grand chose à voir pourtant mais je les confonds souvent... la faute sans doute au nom du personnage interprété par Montand dans Le cercle rouge. :oops:

Sinon Les innocents aux mains sales j'avais adoré le film mais à l'époque la BO ne m'avait pas marqué... il faudra que je réessaie.

En fait tu l'auras compris, c'est plutôt Demarsan que Jansen que j'écoute. ^_^

#25 kfigaro

kfigaro

    Visiteur régulier

  • Membres
  • 33 messages

Posté 20 December 2007 - 21:04

Cette histoire de la conception bressonienne et de la "troisième dimension", j'ai lu quelques approches là-dessus et ça ne m'a guère convaincu. Masturbation intellectuelle tout ça...

C'est pourtant comme ça que je réagis, ça fait 25 ans que j'écoute de la musique de film et plus je vieillis plus j'ai tendance à préférer les BOs sobres et tout en retenue... (j'ai aimé le pathos à une époque, mais maintenant je n'y arrive plus)

Ce n'est pas de la masturbation intellectuelle pour le plaisir de la "masturbation intellectuelle", c'est plus fort que moi !! :lol: North et Sarde me font pleurer (idem pour certains Misraki), mais Morricone presque jamais... ça doit être structurel !! :lol:


Je trouve que tu as beaucoup tendance à simplifier cette facette du travail de Morricone : la musique de Morricone pour Leone

Je ne suis sûrement pas aussi expert que toi, mais si j'ai un moment et si tu es d'accord, je te chercherais une BO d'un film de Leone et j'essayerai de t'expliquer en quoi je trouve plus de pathos et plus de perpétuellement "mise en exergue" chez Morricone que par rapport à Sarde ou Schifrin par exemple (et ce mesure par mesure !)... Sinon dans les Morricone-Leone, j'adore le fameux "Man With The Harmonica", là c'est très fort, rien à dire...


Le "tout en retenu" c'est un peu la facilité je trouve, c'est abandonner l'émotion dans la mélodie

Pas du tout !!, je n'ai jamais dit que Misraki, Sarde ou Schifrin n'étaient pas des mélodistes, bien au contraire !! seulement chez eux, les mélodies n'ont pas du tout "l'évidence" de celles de Morricone, elles sont plus debussystes, plus "françaises", et généralement plus subtiles aussi (enfin à mon avis en tout cas).

et la musique n'a pour moi plus aucun intérêt si elle ne se fait pas l'écho des émotions complexes que ressentent les personnages

Tu m'as vraiment mal compris... ;)

Un seul exemple : la façon dont Schifrin illustre musicalement la souffrance d'un soldat dans le film "La peau" de Liliana Cavani est pour moi vraiment l'exemple même de ce qu'il faut faire dans une BO moderne (et qui respecte justement à la perfection ce que tu dis très justement d'ailleurs par rapport à ses émotions complexes).

Je te fais un copier-coller de mon texte ici :

Avec La Compassione di Malaparte, morceau qu'on entend quand un soldat éventré agonise devant un Marcello Mastroianni totalement bouleversant (et qui tente en vain de calmer sa douleur), Schifrin parvient à un sublime extrêmement rare dans une BO. Ici, nulle emphase, nul violon solo pleurnichant ni trompette militaire dans le lointain. Le musicien n'utilise que des cordes déchirantes en sourdines et pianissimi (évoquant un peu le Lutoslawski de la "Musique funèbre"), puis quelques flûtes discrètes, presque impalpables, le tout dans un balancement impressionniste, prodigieux de pudeur, il n'y a guère que dans "Le martyre de St Sébastien" de Claude Debussy que l'on trouve pareille finesse pour suggérer une souffrance dépassant les mots.


cette BO est d'autant plus exemplaire qu'on retrouve à la fois le lyrisme un peu grandiloquent à la Morricone dans le "Love theme" de "La peau" et l'impressionnisme le plus extrême que je viens de te détailler...

plus de détails dans mes deux articles ici :
http://chantsetheres...le-1694733.html
http://www.traxzone....dex.asp?id=2288


tu vois qu'on est loin du "manque d'émotion" que tu me reproches ! ;) en fait, et pour dire les choses autrement, ce que je reproche à certains thèmes de Morricone (pas tous ! entendons nous bien !!), c'est le "trop", le "too-much", tu le sens trop venir avec ses "gros sabots" (violon solo, les choeurs qui débarquent, la horde de violons larmoyants, etc...) , c'est en cela que je me sens un vrai bressonien en matière de BO ! ;) (alors que je ne le suis pas forcement en cinéphilie d'ailleurs) mais ça ne veux pas dire que je ne recherche pas du tout la mélodie c'est tout le contraire ! J'adore la mélodie ! seulement je suis exigeant...

Le travail dans l'espace est moderne, les mélodies bien moins...

Pour moi Debussy est le plus grand mélodiste français, avec Ravel, Messiaen et Koechlin... Sauf que les mélodies de Debussy n'ont rien "d'évident", elles sont souvent "entre les lignes", il faut savoir les lire... ;)

mais bon c'est aussi une question de goûts tout ça j'imagine. :rolleyes:

rien n'est "affaire de goûts" ;) ça serait plus simple d'ailleurs et personnellement je préférerais ! mais bon c'est un autre débat !

Oulà oui j'ai complètement confondu Demarsan, pas grand chose à voir pourtant mais je les confonds souvent... la faute sans doute au nom du personnage interprété par Montand dans Le cercle rouge. :oops:

c'est pas grave, moi aussi je confonds certains acteurs par ex ! ;)

Sinon Les innocents aux mains sales j'avais adoré le film mais à l'époque la BO ne m'avait pas marqué... il faudra que je rééssaie.

ah bon ? pourtant ce film est détesté par plein de cinéphiles "hardcore" ! en fait il est surtout marquant pour sa scène d'ouverture avec Romy dans le plus simple appareil !! :lol: (à ne pas louper !)

En fait tu l'auras compris, c'est plutôt Demarsan que Jansen que j'écoute. ^_^

J'adore aussi Demarsan, tu connais ses BOs plutôt atonales pour Guillaume Nicloux ? sinon lui aussi a un style très éclectique et lui aussi adore les mélodies "bressonniennes" soit dit en passant ! ;)

#26 RabbitInYourHeadlights

RabbitInYourHeadlights

    Poxvirus Lapinus

  • Indie Rock Mag
  • 29892 messages
  • Location:Le dernier terrier sur la gauche
  • Love:GS Herren, RC Lange et DM Stith
  • Hate:Qu'on vampirise mes weekends

Posté 21 December 2007 - 14:42

Pas du tout !!, je n'ai jamais dit que Misraki, Sarde ou Schifrin n'étaient pas des mélodistes, bien au contraire !! seulement chez eux, les mélodies n'ont pas du tout "l'évidence" de celles de Morricone, elles sont plus debussystes, plus "françaises", et généralement plus subtiles aussi (enfin à mon avis en tout cas).


Tu as mal lu, je n'ai jamais dit qu'ils n'étaient pas des mélodistes. De plus je ne parlais pas de Schifrin, que j'adore.

et la musique n'a pour moi plus aucun intérêt si elle ne se fait pas l'écho des émotions complexes que ressentent les personnages

Tu m'as vraiment mal compris... :wink:


Non je crois plutôt que c'est encore toi qui m'as mal compris sur un point, mais je m'explique Image IPB :

Un seul exemple : la façon dont Schifrin illustre musicalement la souffrance d'un soldat dans le film "La peau" de Liliana Cavani est pour moi vraiment l'exemple même de ce qu'il faut faire dans une BO moderne (et qui respecte justement à la perfection ce que tu dis très justement d'ailleurs par rapport à ses émotions complexes).


Schifrin ne faisait nullement partie des musiciens que tu citais dans le paragraphe que je commentais, et au risque de me répéter de toute façon je ne l'aurais pas inclus puisque je l'avais cité avant toi dans ce topic comme l'un des rares compositeurs des années 60 et 70, justement, à pouvoir soutenir la comparaison avec Morricone, et plus loin comme l'un des musiciens les plus modernes des années 60 (d'ailleurs je me rends compte que j'ai omis de citer Tim Buckley dans ma courte liste... :o: quelle honte). De plus Schifrin me bouleverse également, dont c'était un mauvais exemple. :zut:

tu vois qu'on est loin du "manque d'émotion" que tu me reproches ! :wink: en fait, et pour dire les choses autrement, ce que je reproche à certains thèmes de Morricone (pas tous ! entendons nous bien !!), c'est le "trop", le "too-much", tu le sens trop venir avec ses "gros sabots" (violon solo, les choeurs qui débarquent, la horde de violons larmoyants, etc...) , c'est en cela que je me sens un vrai bressonien en matière de BO ! :wink: (alors que je ne le suis pas forcement en cinéphilie d'ailleurs) mais ça ne veux pas dire que je ne recherche pas du tout la mélodie c'est tout le contraire ! J'adore la mélodie ! seulement je suis exigeant...


Certains thèmes de Morricone sont très lyriques, c'est vrai... mais larmoyants ? :o: Rien, strictement rien de larmoyant chez Morricone (contrairement à nombre de thèmes signés Legrand ou Delerue... bien que la force de la musique de ce dernier fasse largement pardonner ces "écarts"). Du pathos chez Morricone ?... :o: pas une once. Il n'y a qu'à considérer une scène parmi des milliers d'autres, celle où Rod Steiger découvre ses "enfants" morts dans Il était une fois la révolution : la prise de conscience tragiquement tardive de ses erreurs, la violence presque irréelle de la situation, les réminiscences d'un amour perdu, la douleur trop sourde pour que l'on puisse s'abandonner aux larmes... aucun pathos là-dedans, et toute la palette d'émotions complexes que Steiger ne pourrait laisser apparaître sans surjouer.

Il me semble, décidément, que tu ne connais pas bien Morricone... sinon tu aurais également remarqué que ses bandes originales les plus populaires sont souvent tout aussi expérmentales, au fond, que celles qui le sont ouvertement, et ce rien que par son sens mélodique totalement atypique pour l'époque, sans même parler des autres dimensions de sa musique.

Je ne suis sûrement pas aussi expert que toi, mais si j'ai un moment et si tu es d'accord, je te chercherais une BO d'un film de Leone et j'essayerai de t'expliquer en quoi je trouve plus de pathos et plus de perpétuellement "mise en exergue" chez Morricone que par rapport à Sarde ou Schifrin par exemple (et ce mesure par mesure !)... Sinon dans les Morricone-Leone, j'adore le fameux "Man With The Harmonica", là c'est très fort, rien à dire...


Il me reste certainement quelques centaines de scores de Morricone à écouter pour pouvoir me targuer d'être un "expert", mais ce qui est certain c'est que tu ne risques par de pouvoir "m'expliquer mesure par mesure" en quoi la musique de Morricone est larmoyante ou que sais-je encore... déjà parce qu'on n'a visiblement pas la même définition du mot "pathos" (car je le répète il n'y a pas une once de pathos chez Morricone Image IPB ), ensuite parce que l'émotion dans la musique moderne ne s'explique pas mesure par mesure, et le simple fait que tu puisses sous-entendre que c'est possible me permet aisément d'imaginer les raisons de ton amour pour les musiciens classiques que tu as déjà cités, et enfin, dernière raison et non des moindres, parce que tu me sembles très partial vis-vis de Morricone. :zut:

Pour moi Debussy est le plus grand mélodiste français, avec Ravel, Messiaen et Koechlin... Sauf que les mélodies de Debussy n'ont rien "d'évident", elles sont souvent "entre les lignes", il faut savoir les lire... :wink:


Je n'ai jamais contesté le talent de mélodiste de Debussy que j'apprécie beaucoup en général. Je constate simplement que ses mélodies, même transcendées par son sens de l'espace assez visionnaire pour époque, ne sont jamais parvenues à se départir d'un certain académisme qui apparaît aujurd'hui daté, ce qui est également le cas de Ravel.

rien n'est "affaire de goûts" :wink: ça serait plus simple d'ailleurs et personnellement je préférerais ! mais bon c'est un autre débat !


Je préfère ne pas imaginer ce que tu sous-entends par là... (tout n'est question que de connaissances, de compréhension, de capacité d'analyse ?... si c'est bien le cas j'avais à peu près les mêmes idées que toi mais à 15 ans, en réaction aux gens dont les goûts affichés me semblaient faire fi du bon sens... j'étais jeune et con... mais non je préfère ne pas imaginer qu'il puisse s'agir de ça :rolleyes: ).

Personnellement par goût j'entendais "sensibilité", mais ça me semble logique. En tout cas tu verras en fréquentant ce forum que des gens de grande intelligence et de bon bon goût mais de sensibilités diverses peuvent avoir des avis très différents... sans qu'aucun n'ait la vaine prétention de penser que les siens prévalent sur ceux des autres. :rolleyes:

Alors évidemment il y a parfois une question de compréhenson, d'ailleurs j'ai envie de te dire que tu ferais bien de revoir toute la disco de Morricone après avoir appris, toi aussi, à "lire entre les lignes"... si tant est que tu puisses imaginer avoir tort... :zut:

De mon côté je n'imaginais pas qu'on puisse encore contester le génie de Morricone... :o: comme quoi tu vois tout est possible. :wink:

Sinon Les innocents aux mains sales j'avais adoré le film mais à l'époque la BO ne m'avait pas marqué... il faudra que je rééssaie.

ah bon ? pourtant ce film est détesté par plein de cinéphiles "hardcore" !


Qui n'apprécient pas toujours Chabrol pour les bonnes raison, loin de là. :rolleyes:

Sur ce je m'en retourne découvrir quelques albums de 2007 passés ente les mailles du filet, parce que c'est bien beau de passer son temps à parler de Morricone, mais comme le dit Björk (qui n'en connais pas moins ses classiques sur le bout ses doigts mais sait bien que la façon qu'ont les grands musiciens de s'inscrire dans leur époque est encore infiniment plus passionnante que l'intemporalité que parvient parfois à atteindre leur musique) : "je passe 364 jours par an à écouter la musique du présent, et seulement un jour à écouter celle du passé". :wink:

#27 Miss Lacroix

Miss Lacroix

    Visiteur régulier

  • Membres
  • 32 messages
  • Location:No- no sur Marie Chantal (9-4)
  • Interests:Le son qui tâche, la javel et le boeuf en daube

Posté 21 December 2007 - 19:38

Bon ben tout pareil que tout le monde (je suis nouvelle, je vais pas commencer par me faire jetter des cailloux), mais la BO qui m'a marquée le plus c'est celle d'un obscur film à destination des boutonneux, Pump Up the Volume. Je devais avoir 13 ans, j'ai un peu oublié le film qui était pas franchement inoubliable mais je me souviens que j'ai entendu mon 1er morceau de Sonic Youth (Lithium) et là, la claque. J'ai acheté la BO, avec Léonard Cohen, les Cowboys Junkies et c'était foutu, je suis tombée mordu du son qui gratte mais qui fait du bien.
Son qui tâche, javel et boeuf en daube

#28 JohnSteed

JohnSteed

    Secretly Canadian

  • Indie Rock Mag
  • 9000 messages
  • Location:Nulle part et ailleurs
  • Love:life, sex & rock'n roll

Posté 21 December 2007 - 19:57

Pump Up The Volume m'a fait rêver un temps qui est de plus en plus lointain: être DJ d'une radio pirate et parler, dire aux autres ce qu'on a envie de dire sans retenu: être un homme de l'ombre.
Image IPB

#29 flozik

flozik

    Indie Rock Mag

  • Indie Rock Mag
  • 1578 messages
  • Location:77
  • Love:Radiohead, post punk, krautrock, shoegaze
  • Hate:many many things

Posté 10 December 2009 - 20:15

J'avais adoré la B.O de Fight Club par les Dust Brothers :wub: manquait le final des pixies mais ça fait rien l'est énorme cet album.
"La vérité n'est pas du côté du plus grand nombre, parce qu'on ne veut pas qu'elle y soit. Le jour où le plus grand nombre sera a même, par sa culture et ses connaissances, de choisir lui même sa vérité, il y a peu de chances pour qu'il se trompe."

Boris Vian

#30 RabbitInYourHeadlights

RabbitInYourHeadlights

    Poxvirus Lapinus

  • Indie Rock Mag
  • 29892 messages
  • Location:Le dernier terrier sur la gauche
  • Love:GS Herren, RC Lange et DM Stith
  • Hate:Qu'on vampirise mes weekends

Posté 11 December 2009 - 20:26

J'avais adoré la B.O de Fight Club par les Dust Brothers :wub:


:plusun: l'un de mes disques préférés, dommage que le duo n'ai pas confirmé depuis, des productions sans intérêt pour des groupes de pop/rock/variétoche essentiellement, quand on pense qu'avant c'était les Beastie Boys, Beck ou Eels... :oops:




0 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 invité(s) et 0 utilisateur(s) anonyme(s)