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Deux semaines, deux festivals, un tas de concerts


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8 réponses à ce sujet

#1 Le Crapaud

Le Crapaud

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Posté 26 February 2013 - 00:26

Fireworks ! Festival + Sons d'Hiver = Partial Report

C'est pas fini, c'est pas nickel, mais voilà un (petit) aperçu du tas de concerts auxquels il était possible d'assister (et en particulier ceux auxquels j'ai eu la chance d'assister) ces deux dernières semaines dans Paris et aux environs. Je voulais avant tout partager mes impressions de la soirée Waul Williams + Tortoise (à la fin) qui a suscité la convoitise de certains membres de la communauté IRM (ça fait secte dit comme ça !) :

The Dodos + Modern Folks à l'Espace B. [Fireworks ! Festival]

il semblait que (comme moi) de nombreuses personnes découvraient L'Espace B. S'ils étaient là, on pouvait le deviner, c'était pour voir The Dodos, qu'ils connaissaient bien (pas comme moi). Il faut traverser un sympathique bar-resto pour atteindre, au niveau des chiottes, l'accès à la salle de concert. Petite salle, alors à ras-bord, avec son propre bar qui fait face à la scène. Il fallait jouer des coudes pour trouver une place à la visibilité correcte (quand elle n'était pas ensuite gâchée par un photographe bourrin qui impose sa carrure de Musclor à ton champs de vision déjà mince). Une petite salle avec une âme, que l'usure du plafond matérialise ; le sol est jonché de belles flaques de bières, ce qui permet une alcoolisation inédite, par infiltration des pieds (le terme technique, c'est « podétylisation »).
Modern Folks a ouvert. Apparemment habitués du lieu, ils œuvrent dans le genre pop bien léchée, aux rythmes parfois exotiques (à la Vampire Weekend) et aux voix aériennes comme on sait faire au Canada... Un set sans faute qui ne restera pas gravé éternellement dans les mémoires...

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MODERN FOLKS


Puis le couple d'oiseaux rares s'est installé et, comme si de rien n'était, a débuté sa prestation par un morceau de son nouvel album. Le guitariste, d'une dextérité époustouflante enchaîne les triolets comme il respire. Bouclant ses arpèges en passant par une pédale, il produit une texture sonore plus ample et impose à son batteur une rigueur métronomique. Ce dernier, quant à lui, pouvait presque se passer de ses pieds tant ses mains occupaient la mesure. Ne se servant de sa grosse caisse que pour les grandes occasions, c'est avec une précision impeccable qu'il marquait le temps sur les peaux à l'horizontale. Un jeu pour le moins étonnant qui explique les rythmes particuliers des enregistrements studios, et, comme on dit en Savoie, tout est dans les toms...
la voix, plutôt accessoire, assurait leur côté psyché (avec beaucoup de delay et de répétitions), mais ne rendait pas fidèlement les chants originaux.
C'est en écoutant l'album en rentrant que je me suis rendu compte de la chance que j'ai eu de voir ces volatiles...

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The Dodos



23/02 MAC (Créteil) : Saul William/Mike Ladd + Tortoise (+ guests) [sons d'hiver]

Des deux festivals réunis, c'était la soirée que j'attendais avec le plus d'impatience. Ça semblait même pas croyable de voir réunis autant de talents dans une seule soirée. Objectivement, c'était aussi l'affiche la plus moderne de la programmation de Sons d'Hiver. Ça promettait du lourd... Peut-être trop justement...

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Dans l'espace gigantesque de la Grande Salle du MAC, Saul Williams est entré sobrement. En avant scène, sans micro, il a entamé un speech rythmé a capela comme on l'a vu faire maintes fois, avec toujours autant de talent, de finesse et de bon goût. J'entrave pas grand-chose. Je regrette ces longues heures durant lesquelles une prof tentait d'enseigner la langue de Shakespeare à des demeurés armés de sarbacanes dont j'étais le chef de guerre... (j'expie en me mordant la clavicule inférieure gauche). Heureusement, au delà de la sémantique, on peut prendre plaisir à entendre le poète écouler son flow. Le choix des mots pour la qualité sonore de leur juxtaposition n'en est que plus prégnante. Mike Ladd vient ensuite et, toujours sans beat, continue le propos. Un peu hésitant au début, avec une antisèche à la main, on comprend que l'idée venait de l'autre et que le dialogue des deux artistes provient d'un projet récent. Passé cette ouverture théâtrale classieuse, les deux rappeurs alternent : quand l'un est au micro, l'autre est aux machines. L'alternance rend manifeste la différence entre les deux types de flow. Pour Williams, c'est l'école du slam dans ce qu'elle a de plus élégant (c’eut été utile que nos fiertés françaises – Grand Corps Malade et autre Abd Al Malik – fussent venues prendre une petite leçon auprès de ce grand monsieur, cela aurait peut-être permis de les faire taire un moment...), la beauté du langage poétique dans une bouche hargneuse. Pour Ladd, il y aussi le slam à l'origine, puis l'influence de l'avant-garde New-yorkaise (Antipop Consortium, par exemple) qui ont formé son écriture narrative et son débit efficace. Avec un coffre étonnant, il lui prend de chanter ses refrains et ça fonctionne pas mal. Il assurait le show hip-hop, avec déambulation scénique le mic à la main. Williams jouait le rôle de l'intello. Au pied du micro qu'ils partageaient, devant leurs machines, il avait entreposé plusieurs livres qu'il venait ouvrir au gré des instrus et lisait en rythme quelques lignes choisies. Le résultat de ce dispositif périlleux fut mitigé, il y eut des beaux moments de poésie « lyrique » et d'autres plus douteux... Quand le show se conclut, on restait un peu sur notre faim, regrettant qu'ils n'aient pas plus mobilisé leur répertoire respectif... Et quant aux beats, qu'ils semblaient avoir produits « sur le vif », ça n'avait pas toujours été très réussi et ça avait souvent manqué de puissance.

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Entracte. On boit une bière en pesant le pour et le contre. On a conscience d'avoir assisté à un show unique mais chacun avait pu constaté que le projet était peut-être encore très frais et qu'il manquait de maîtrise, pas au niveau des flows bien sûr qui étaient parfaits, mais plus par rapport à l'alternance des deux voix, des machines, à la répartition des rôles et à l'aspect improvisé des instrus. (Ha oui, au fait, pour l'anecdote, Saul Williams a tenté une interprétation en français à peine assumée du Requiem pour un con de Gainsbourg, d'une fébrilité touchante. Idée marrante.)

On retourne se caler dans les fauteuils de la grande salle. On trouve une bonne place, bonne visibilité sur... Quoi ? Deux batteries ? Oh putain génial ! On va en prendre plein la gueule. Bon, là, ça devenait vraiment sérieux. Il y avait Tortoise certes et ça paraissait déjà énorme, mais avec eux sur scène, une palanquée d'invités. Six au total. Parmi ceux-ci, je reconnais Julien Desprez, un guitariste au jeu strictement noise, que j'avais croisé lors d'une soirée Coax au Cirque électrique, avec son groupe DDJ. Et à la flûte Nicole Mitchell, qui était déjà présente aux côté de de Denis Fournier et de son projet Watershed le dimanche précédent. L'ensemble forme un arc de cercle sur la scène avec un grand espace vide au milieu où se dresse un micro qui attendra, jusqu'à la fin du concert qu'on vienne y déposer une voix...

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quelques invités

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section rythmique avec en guest J.T. Bates

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le Cercle Froid...



D'après mon pote, quand le concert fut fini, ce vide pouvait compter comme une métaphore de leur prestation. Bon, c'était un jugement radical, à chaud, forcément exagéré, n'empêche qu'il avait mis le doigt sur quelque chose, ce connard... Il y avait bien eu un vide lors de ce concert, c'était celui de nos attentes qui n'avaient pas été comblées... Oui, j'ai le regret de le dire, et de l'avoir vécu, ce concert était décevant. En fait, comme on avait placé en lui tous nos espoirs, on avait peut-être fantasmé un show qui, de toutes façons, n'avait pas prévu de se réaliser tel. Il s'agissait d'une création. Du coup, pas de morceau de Tortoise à l'horizon. Des thèmes qui leur ressemblent certes, des intentions qui sont les leurs, mais pas de compositions déjà entendues. Par exemple, rien de leur dernier album qui est pourtant si bon ! Cela a tourné autour d'un free-jazz (les deux batteurs en roues libres) progressif (morceau d'ouverture, au moins dix minutes, tout en crescendo, puissant), parfois noise (un trop court dialogue bruitiste entre Julien Desprez et John McEntire, aux machines) et d'autres fois flirtant avec l'avant-garde contemporaine, notamment lors d'une dernière plage sonore typiquement minimaliste. Ils ont opté pour une formule jazz où chacun avait son petit moment pour développer son solo au détriment d'un grand spectacle rock où l'énergie aurait primé. Musicalement, l'ensemble était d'une qualité incomparable, mais le problème était le froid qu'ils avaient instauré entre eux et dans le public. Il s'est particulièrement ressenti au moment du salut, quand le groupe est rapidement revenu et n'a daigné se pencher qu'une fois, puis s'en est allé sans un regard pour ses admirateurs, avec quelques vagues signes de la main en guise de bonsoir...

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Rarement connu pour un concert une si profonde frustration.

#2 RabbitInYourHeadlights

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Posté 26 February 2013 - 00:44

Ah ben dommage pour Tortoise alors, même si j'aurais bien aimé avoir du neuf tout un concert durant, quitte à en ressortir frustré... (parce que le dernier album remonte à 2009 et ça fait long, quand-même :oops: )

#3 Le Crapaud

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Posté 26 February 2013 - 11:45

Ce retour annonce peut-être un prochain album... Si il est de la trempe de ce qu'ils ont produit à ce concert, ça sera très jazz, très sophistiqué.

Au fait, le concert est à voir en intégralité ici :
http://liveweb.arte....val_Sons_Hiver/

enjoy !

Modifié par Le Crapaud, 26 February 2013 - 11:48.


#4 RabbitInYourHeadlights

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Posté 26 February 2013 - 12:01

Aaaah, cool, merci pour le lien !

#5 darko

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Posté 26 February 2013 - 21:20

J'ai bien aimé le ton personnel de ces live reports :yes:
Et c'est vrai que The Dodos doivent être sympa en live, ça me donne envie.

Pour Tortoise, j'aime bien mais c'est vrai qu'en live, la plupart des gens restent de marbre. Ca manque surement de chaleur et de dialogue mais ça peut être vraiment impressionnant à certains moments. Sur la longueur peut-être moins :chepa: .
Get off, get up, you son of pop
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#6 Le Crapaud

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Posté 27 February 2013 - 14:07

merci Darko ! Je suis content que tu parles du "ton personnel", car j'essaie justement de donner un ton particulier à ces reports en ne faisant pas un simple compte rendu mais en décrivant davantage un "vécu"... Bref, la suite arrive bientôt (si j'arrive à me diviser en plusieurs personnes, pour le moment j'en chie !)

#7 Le Crapaud

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Posté 04 March 2013 - 14:35

Voilà une vidéo de Williams/Ladd qui montre (entre deux têtes...) l'aspect improvisée de leur prestation :



#8 RabbitInYourHeadlights

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Posté 04 March 2013 - 15:11

En effet, ça sent le truc intéressant mais un peu approximatif...

#9 Le Crapaud

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Posté 07 March 2013 - 13:59

17/02/2013 Théâtre Paul Eluard (Choisy-Le-Roi) Denis Fournier Watershed ("Le Partage des eau") + Michel Portal/Hamid Drake duo [Sons d'Hiver]

C'était le premier concert du festival auquel j'assistais et c'était un des plus étonnants.

Denis Fournier Watershed ("Le partage des eaux")
La formation du groupe de Denis Fournier est à elle-même surprenante. C'est un quintette dont il est le batteur, à la contrebasse c'est Bernard Santacruz, aux saxophones, Hanah Jon Taylor... Jusqu'ici, rien de révolutionnaire. Mais avec Nicole Mitchell à la flûte et Tomeka Reid au violoncelle, l'instrumentarium donne à leur jazz une teinte particulière.
Ce fut, par exemple, l'occasion d'entendre sur un groove prenant à la contrebasse, un solo de violoncelle en pizzicato. Suffisamment rare en jazz pour constituer un événement en soi.
Le principe du projet Watershed (Le Partage Des Eaux) est, comme son nom l'évoque, de laisser une place aux idées de chaque instrumentiste, afin de produire une musique composite, aux multiples influences, à l'esthétique bigarrée.
Mais l'écriture de Denis Fournier oriente toutefois la sonorité générale de l'ensemble. En fait, sur ses compositions, chacun brode les ornementations que le moment lui inspire. L'improvisation occupe le rôle principal des concerts de Watershed, faisant de son identité une image mouvante.
Dans la pure tradition du free-jazz, un thème est joué, ici par le trio de solistes flûte/sax/violoncelle, une walking-bass impose un tempo soutenu et la batterie, entre breaks explosifs et chabadas subtiles, nuance l'intensité.

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Watershed : Taylor, Fournier, Mitchell, Reid, Santacruz



Au cours d'un morceau, Hanah Jon Taylor, décrocha son saxophone de son collier et prit un instrument étrange, que je n'avais jamais vu auparavant. La chose est métallique, grise, cela ressemble vaguement à une sax soprano, on souffle dedans pareil, mais à l'extrêmité s'échappe un câble qui dévoile sa relation intrinsèque à l'électricité. Taylor souffle et, dans un dialogue fou avec Nicole Mitchell, il émet une galerie de sonorités improbable. On croirait parfois entendre quelque cluster sur un vieux synthé... Taylor est parfaitement à l'aise avec l'objet grâce auquel il donne à son jeu une expressivité presque animale. C'est après une (trop longue) errance sur google que je pus mettre un nom sur l'instrument mystérieux, il s'agit d'un Wind Controlleur (ou wind Synth) qui peut fonctionner en midi, ce qui explique la variété de sons dont il est capable. Dans les vidéos de démonstration, impossible de trouver un usage de l'appareil aussi inventif et spectaculaire que celui qui fut fait cette fois-là par Taylor...

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à gauche, Hanah Jon Taylor avec entre les mains son engin bizarre...

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la section de cordes

Michel Portal/Hamid Drake duo

La deuxième partie est donc assurée par deux grands noms de la musique improvisée. Le Français Michel Portal, dont le langage musical se propage à travers les saxophones et l'accordéon et l'américain Hamid Drake qui alterne rythmes à la batterie et percussions sur une Frame drum (membranophone). Les deux hommes ont une longue expérience de ce type de prestation en duo où le dialogue des sonorités est au service d'une musique construite sur le vif. Elle prend avec eux des accents tribaux, sauvages, comme si leur conversation s'établissait autour d'un cri primal.
Ils étaient tous deux très complices, à l'écoute de l'inspiration de l'un et des fulgurances de l'autre. Mais on sentait que Portal menait la barque. Selon l'instrument qu'il privilégiait pour tel morceau, Drake adaptait son jeu. Selon le type de mélodie que le premier avançait, le second modulait son rythme. À tel point que les mouvements de Drake paraissaient contraints, limités par la personnalité de Portal. Il faut dire que la présence de celui-ci est exubérante. Il se dandine, à bout de souffle, pousse des cris qui ne se destinent à personne. Drake l'observe, parfois perplexe, essaie de comprendre ce qu'il veut...

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Moment cocasse, à la fin du concert. Portal reprend son accordéon et demande à Drake de faire un rythme latin, un genre de rythme traditionnel (je me rappelle plus, précisément, ce qu'il voulait). De toutes façons, Drake ne comprenait pas. C'était plutôt poilant. Portal jouait le beat avec sa bouche et Drake tentait de le reproduire. Une incompréhension qui ressemblait un peu à celle qui régnait entre eux, du point de vue de la langue. L'anglais de Portal étant restreint et le français de Drake quasi nul. Musicalement, heureusement, ils s'entendent la plupart du temps. Mais là, ça passait pas ! Portal voulait un certain rythme, juste comme ça, mais il insistait et Drake pipait pas. Une fin de show détendue et amusante qui contrastait avec l'aspect parfois austère de leur musique.

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18/02 Nouveau Casino Stubborn Heart + Darkstar [Fireworks !]


De loin le concert que j'ai le moins aimé durant ces deux semaines intenses. Non pas que Stubborn Heart soit une mauvaise affaire, au contraire, en dépit d'une prestation sans grand spectacle, le duo (machines + voix) s'en tire très bien. Un crooner toujours juste qui pose ses lignes hantées sur des instrumentaux électroniques, entre le trip-hop de bristol et le rock aux accents soul de Brooklyn (on pense en particulier à Tv On The Radio).

C'est surtout le set foireux de Darkstar qui a donné un goût amer à la soirée. Déjà, musicalement, leur second album, récemment sorti chez Warp et faussement estampillé Dubstep est d'une platitude confondante. Mais alors là, sur scène, plus rien n'avait de sens. Derrière un magma sonore qui mélangeait un glockenspiel synthétique assourdissant et des infra-basses à te faire repasser le quatre heure dans l'autre sens, se faufilait une vague voix bourrée d'effets qui formait une nappe indistincte. Évidemment j'exagère, par simplicité lexicale, mais j'ose quand même le dire, c'était quasi inaudible. Sans doute un problème de réglage au moment des balances. Quoi qu'il en soit, ce qui nous était permis d'entendre ressemblait plus à de la bouillie phonique qu'à "un dub pop moderne à son apogée" (dixit MagicRpm). Le style vestimentaire du trio n'arrangeait rien. Même si, je sais, on avait dit « pas les habits », quand il saute aux yeux que le groupe cherche à afficher sa dimension « trendy », on ne peut pas s'empêcher de rire un peu de la chemise boutonnée jusqu'en haut d'un des deux mecs aux machines et du combo : cheveux filasses sur trench noir (alors qu'il fait au moins 8000 degrés sous les projo) et verre de pinard-parce qu'on-est-en-France dans un gobelet en plastique du chanteur...
Les appels réguliers du public qui réclamait qu'on baisse le son n'ayant pas été entendus (normal, on entendait que dalle), je n'ai pas pu rester jusqu'au bout...

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Darkstar...






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