Finalement et contre toute attente je ne serai dans aucun de vos deux extrêmes (qui reflètent assez bien ceux de la critique, généralement on adore le film ou on le déteste), quoique largement plus en adéquation sur le fond avec John Trent. Rien de prétentieux dans
Twixt en effet,
Coppola au contraire s'y livre corps et âme, sans garde-fou ni peur du ridicule. Par ailleurs si les références sont nombreuses, de
Bava à
Lynch, je n'ai rien vu d'
Hitchcock là-dedans pour ma part (à moins que tu ne fasses allusion aux plans menaçants sur les nichoirs d'oiseaux au début, ce qui relève tout à fait bien de l'ironie qui sous-tend toute l'imagerie macabre de seconde zone du film, le personnage lui-même étant défini d'emblée comme un écrivain d'horreur de seconde zone).
C'est d'ailleurs là que réside tout le problème, car si l'esthétique douteuse est entièrement en adéquation avec le personnage et pleinement justifiée par son propos de "film/roman malade" (car il s'agit pour le romancier/cinéaste de conjurer ses propres démons en les incarnant coûte que coûte, au mépris de la cohérence et du bon goût), elle n'en reste pas moins assez repoussante (peu de cinéastes ont réussi à me faire aimer la DV, il faut dire), surtout dans les passages oniriques - qui ne m'ont pas du tout rappelé
Tim Burton, on associe d'ailleurs trop naturellement le gothique à
Burton de nos jours, mais par contre la rencontre avec
Edgar Poe fait écho à celle d'
Ed Wood avec
Orson Welles je trouve et c'est l'un des éléments les plus touchants et réussi du film.
En bref, ça m'a fait penser à
Redacted, de
De Palma qu'Adrien49 citait justement : profondément personnel et libéré de toute convention mais tellement hideux et déconstruit que ça en devient agaçant.