adrien49, le 04 février 2012 - 10:31, dit :
RabbitInYourHeadlights, le 04 février 2012 - 01:00, dit :
adrien49, le 31 janvier 2012 - 18:54, dit :
Enfin deux mini-claques en 2012, année qui démarre lentement côté ciné.
Ouais c'est ça.

Vu
J. Edgar aujourd'hui, l'est chiant ce Clint, deux fois de suite qu'il nous sort le meilleur film de l'année en janvier, en plus comme bizarrement la critique est dépassée par tant de beauté et d'intelligence on a d'autant plus l'impression de vivre une expérience précieuse.
T'as pas eu l'impression de voir un film un peu trop inspiré par Aviator ? C'est plutôt un compliment, et le film n'est pas exempt de qualités: Dicaprio, la photo, le cadre, le rythme - on ne s'ennuie pas ou presque. Mais au final Dicaprio ne change pas d'un poil, il y a des scènes presque reprises telles quelles du Scorsese, avec pour différence un scénar on ne peut plus bateau, type texte à trous, et comme à chaque fois des personnages stéréotypés, unidmensionnels, psychologiquement figés et trop de simplification dans l'explication de leurs états d'âme.
Il faut voir et revoir Aviator, plutôt..
Triste facilité que de faire de ce film un mauvais plagiat d'
Aviator... visiblement tu es passé complètement à côté.

En même temps j'ai l'impression, bien que tu prétendes apprécier certains de ses films, que tu as toujours méprisé
Clint Eastwood et que tu visionnes ses oeuvres d'un oeil foncièrement malveillant (par opposition à "bienveillant", soit en quête de la petite bête pour en faire une montagne).
Si les points communs avec
Aviator sautent aux yeux (fresque d'époque centrée sur un personnage historique incarné par DiCaprio), et d'autant plus au regard des trajectoires en partie similaires de ses personnages (que
James Ellroy oppose justement comme les deux forces de l'ombre de la politique américaine du milieu du XXème siècle dans sa trilogie
Underworld USA),
Aviator ne raconte rien d'autre il me semble que l'histoire d'un homme en lutte avec son "destin" (soit la conjonction de la génétique et de l'éducation), dans un contexte historique certes mais finalement peu important, là où
Eastwood comme souvent parle de l'Histoire avec un grand H, et la remet dans le contexte d'une double subjectivité, celle de la sociologie de l'époque et de son évolution d'une part, et celle de la personnalité et de l'éducation d'
Hoover en particulier d'autre part. Le film ne se veut même pas un reflet de l'Histoire, usant ouvertement de nombreux partis pris invérifiables, mais une réflexion sur tout ce qui peut l'infléchir et la déformer à l'échelle entomologique, d'où ce point de vue de la biographie qui sous-tend le film non pas par facilité mais pour lui donner sens. En cela il y justement quelque chose de
James Ellroy là-dedans, mais traité sous l'angle du mélo comme c'était le cas avec
Au-delà déjà bien mal compris l'an dernier, au lieu de celui du polar. Finalement ce film c'est un prolongement de
Minuit dans le jardin du bien et du mal, quelque part... il n'y a jamais de bien ou de mal dit
Eastwood, seulement des raisons.
Du coup le traitement psychologique n'est forcément pas le même dans les deux films, explicite chez
Scorsese, en creux chez
Eastwood, ce qui rend le film d'autant plus bouleversant (ça et DiCaprio encore meilleur que chez
Scorsese si c'était possible). Je ne relèverai même pas le "comme à chaque fois des personnages stéréotypés, unidimensionnels, psychologiquement figés" tant il paraîtra absurde à qui a vu
Mystic River,
Jugé coupable,
Bronco Billy ou
Breezy pour un citer un par décennie - même si la psychorigidité est justement ce qui mène un certain nombre des personnages de ses films à leur perte et c'est encore le cas ici.
Quant au "texte à trou" en narration on appelle ça une ellipse

et
Eastwood en maitrise l'art mieux que jamais (et que quiconque ?) avec ce film, laissant non seulement planer le doute sur l'implication de
Hoover à bien des niveaux mais soulignant surtout que ce ne sont pas forcément ces soi-disant évènements clés qui ont fait l'Histoire mais de tout autres évènements en apparence bien plus insignifiants... un miroir tendu à l'Amérique d'aujourd'hui et à son rapport volontiers réducteur à l'Histoire, d'une certaine façon.