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[CHRONIQUE] REiNDEER667 - SiNALOA GUNSHiP WARLORDiSM


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#1 Le Mag

Le Mag

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Posté 09 July 2018 - 22:59

1. SiNALOA GUNSHiP WARLORDiSM
2. Boadicea Podium Desolation Throes
3. We Handle Everything 667
4. Take Off & Die Procedure [futility of war]
5. Low Winter Sun Traps
6. While They Fade Away, We Stay 667
7. SMOKEY667/REiNDEER131
8. Hey...
9. Boom Biddy Gatling Happenings
10. ESHKOSHKA
11. Halb-Schlaf-Modus
12. It's Raining...
13. 667 Green Birds
14. Culiacán River PATROL
15. Bava Argento Deodato / About to SPRAY You OUT
16. BURiED in 667


REiNDEER667 - SiNALOA GUNSHiP WARLORDiSM

Affuté comme le regard de son alter-ego sur la peinture qui sert de cover - très belle au demeurant - à cette 7e réalisation en quelques mois (on vous parlait de la première ici et des suivantes tout récemment par là), l'Anglais James Reindeer donne dans un journalisme de gangster séditieux sur ce SiNALOA GUNSHiP WARLORDiSM entièrement produit en 5 jours en compagnie d'un Teuton du nom de Smokey131, avec autant de cohérence dans sa philosophie et sa progression dramatique que de foisonnement dans ses influences et ses atmosphères, signant pour entériner ce come-back schizophrénique aux allures de résurrection la meilleure sortie alt-rap de l'année.

Inspiré dans l'esprit par le cultissime Only Built 4 Cuban Linx de Raekwon (le Wu-Tang semblant très présent dans les préoccupations du bonhomme récemment), SiNALOA GUNSHiP WARLORDiSM flaire bon la fresque urbaine dès son intro aux cordes fatalistes sur fond d'hélicos de la police qui tournoient. Mais Boadicea Podium Desolation Throes avec sa référence à la matriarche celte des chefs de guerre les plus vindicatifs et occultes (rappelons que le rappeur s'affuble désormais sur les réseaux du nom d'Hassan ibn al-Sabbah) montre d'emblée que Reindeer voit plus loin, de la mythologie au détournement des codes d'un genre devenu à ses yeux bien trop aseptisé et peu surprenant, ne véhiculant guère que des fantasmes racoleurs sans idées ni point de vue.

D'ailleurs, après ce titre à l'instru résolument sinistre dont le storytelling furète du côté du quotidien des cartels (parce que Sinaloa, c'est surtout ça), We Handle Everything 667 juxtapose la morgue philosophique et contestataire du Britannique à une atmosphère nostalgique de bossa aux choeurs enchantés avant que Take Off & Die Procedure [futility of war] ne vienne faire le grand saut dans un baril de LSD très psyché 60s baroque et enfumé, ambiance protestation anti-Vietnam (Halb-Schlaf-Modus fusionnera plus loin les deux, flûte bucolique, riffs de guitares drogués et harmonies brésiliennes au programme). Les onomatopées servent de fil conducteur et l'Anglais s'en donne à coeur joie du côté des bruits de bouche sur un Low Winter Sun Traps minimaliste et acéré qui aurait pu être découpé par RZA en personne.


Méditation au vibraphone sur un monde en flammes où il est difficile de trouver sa place, While They Fade Away, We Stay manie l'argot latino et un allemand rugueux comme pour conjurer l'agressivité qui nous entoure de toutes parts, le tout aussi cristallin SMOKEY667/REiNDEER131 aux percussions jazzy servant dans la foulée de profession de foi à un artiste en deuil qui a choisi l'art dans une atmosphère de violence dès l'enfance et ne lâche rien en dépit de l'isolement croissant de ses contemporains. Car de l'amour il en a toujours à revendre malgré l'adversité, en témoigne la déclaration sensuelle d'un Hey... qui donne de la chair et de l'âme, saxo cinématographique à l'appui, aux sempiternelles sérénades machistes voire volontiers pornographiques du rap west coast dont le plus cru It's Raining... fera plus loin ses choux gras.

Sommets du disque qui ne compte pourtant que ça, Boom Biddy Gatling Happenings puis ESHKOSHKA proposent un diptyque très morriconien dans sa dramaturgie et ses arrangements inquiétants, les clins d'oeil aux giallos et à l'horreur ciné attendant d'ailleurs de repointer le bout de leurs lames ensanglantées et de leurs cordes dissonantes sur un Bava Argento Deodato / About to SPRAY You OUT sans concession et surtout fabuleux, avec un sample bien flippant du Maestro dedans. Pourtant, ne vous y trompez pas : la mort n'est pas un jeu et de celui qui a su transformer le malheur d'un début d'année 2018 particulièrement dramatique sur le plan personnel en quête avide de vérité dans l'expression de ses propres contradictions, Culiacán River PATROL éclaircit l'intention : "we soar like cranes and alabtros pairs staring out across the widest vistas, seeing the widest, seeing the furthest, seving the most highest purpose, seeking enlightenment, wisdom, love and the purest truths".

Chronique du : 5/07/2018 - par RabbitInYourHeadlights
pour indierockmag.com






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