THE WALKMEN

Un feu de paille, voilà ce que fut la carrière du Jonathan Fire Eater à la fin des années 90, un groupe issu de Washington trop gaté à la naissance (charisme, talent, signature sur Dreamworks...) se compromettant dans les clichés du rock les plus tenaces, et ce malgré un album, Wolfsongs For Lambs, qui aurait mérité un autre destin...
Les trois rescapés de ce groupe météorique, associés au chanteur Hamilton Leithauser, fondent en 1999 The Walkmen qui va bénéficier de l'engouement autour du New Rock, tout en conservant une identité sonore qui en fait un des groupes les plus originaux de la scène new yorkaise des années 2000 !
Les membres du groupe :
Matt Barrick - batterie
Peter Bauer - basse
Hamilton Leithauser - chant, guitare
Paul Maroon - guitare
Walter Martin - claviers
EVERYONE WHO PRETENDED TO LIKE ME IS GONE (2002),le premier album.
1.They're Winning
2.Wake Up
3.Everyone Who Pretended to Like Me is Gone
4.Revenge Wears No Wristwatch
5.The Blizzard of '96
6.French Vacation
7.Stop Talking
8.We've Been Had
9.Roll Down the Line
10.That's the Punchline
11.It Should Take a While
12.Rue the Day
13.I'm Never Bored
Leur premier album, paru en 2002, et dont le titre est sans doute une allusion à leurs mésaventures passées au sein de Jonathan Fire Eater, constitue un passeport pour l'inconnu. Contrairement à la plupart de leurs collègues de la scène New Rock qui misent tout sur l'efficacité et la concision de leurs compositions, The Walkmen tissent une musique étrange pleine de langueur, à base de guitares tantôt carrillonnantes tantôt garage, de synthés et d'orgues bien crades et enfin d'une batterie mixée très en avant. Enfin, le tableau est complété par la voix rocailleuse et nostalgique de Hamilton Leithauser, comme un Rod Stewart (période Small Faces) plus attiré par l'ombre que par les paillettes.
C'est une musique à la fois déstabilisante et envoutante car si The Walkmen ne caressent jamais leurs auditeurs dans le sens du poil, la curiosité invite à poursuivre cette expérience sonore qui oscille entre garage rock, psychédélisme lancinant et, comme le faisait remarquer un internaute clairvoyant, une musique de cabaret (We've been had, That's the Punchline) qui n'est pas sans rappeler l'ambiance du génialement dépressif Berlin de Lou Reed.
Reconnu par la critique à l'époque de sa sortie, l'album a, en revanche, eu bien du mal à rencontrer son public tant par son abord malaisé que par l'ambiance déprimante qui s'en dégage. Mais il a eu le mérite de fixer l'univers singulier de ce groupe, qui a pris toute son ampleur en 2004 à la sortie du flamboyant Bows and Arrows.
BOWS AND ARROWS (2004), le deuxième album
1. What's In It For Me
2. The Rat
3. No Christmas While I'm Talking
4. Little House Of Savages
5. My Old Man
6. 138th St.
7. The North Pole
8. Hang On Siobhan
9. New Year's Eve
10. Thinking Of A Dream I Had
11. Bows And Arrows
Le morceau d'ouverture, What's in it for me, marque une évidente évolution dans le chant qui est plus assuré et profond que sur n'importe quel titre du premier album. Mais il ne prépare en rien le malheureux auditeur à la déflagration qui suit dès le surpuissant The Rat, joyau certifié du garage rock : de la voix qui semble jaillir d'un écorché vif jusqu'aux guitares qui martèlent les tympans, tout est réuni pour vous abandonner au bord du KO au bout de quatre malheureuses minutes.
120 secondes de pause plus tard, The Walkmen remettent ça avec la même intensité sur Little House Of Savages, mêmes causes, mêmes conséquences : on ressort exsangue.
Toutefois, le groupe sait nous aménager des plages de repos bienvenues comme ces No Christmas While I'm Talking, 138th Street ou Hang on Siobhan dans lesquels Leithauser, assagi mais toujours aussi tourmenté, nous gratifie d'une interprétation au bord de la rupture émotionnelle parfaitement secondé par un orgue surgi de nulle part ou un piano qui n'attend que la fin du morceau pour rendre l'âme...
Mais The Walkmen ont conservé deux de leurs flêches les plus effilées pour la fin : Thinking of a dream I had constitue le sommet du disque à mes yeux (je suis ouvert à la contestation, toutefois) tandis que Bows and Arrows clôt fiévreusement cet album totalement habité par ses interprétes, démontrant que c'est lorsqu'ils accélèrent le tempo qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes !
Pour ceux que cela intéresse, des informations complémentaires ainsi que les clips de The Rat et Little House of Savages sont disponibles sur le site du groupe : ici











