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Rock en Seine 2005


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36 réponses à ce sujet

#31 ikara boy

ikara boy

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Posté 16 September 2005 - 00:49

(suite et fin)
Le corps et l’esprit reposé, nous revenons ce vendredi sur le lieu du crime : le domaine de st cloud. La journée nous semble moins chargée, vu les groupes de ce soir et les scènes où ils jouent, nous nous inquiétons que moyennement de l’état à venir de nos jambes.
Le premier concert auquel nous assistons est celui de « Goldfrapp », ancienne reine du trip -hop aujourd’hui convertie à l’electroclash (opportuniste ?) cette artiste mérite l’attention tant elle nous montre à quel point Peaches a du talent. Le show, à la provocation pauvre, aux maigres mélodies, est sans doute quelque peu handicapé par les problèmes de voix de la chanteuse ce soir, ne nous fera pas patienter jusqu’au très attendu (et très bon) ‘Utopia’, lassés nous allons voir nos faux Suédois préférés : « Herman Düne ».


Exactement ce qu’il nous fallait tant les parisiens sont l’opposé total du groupe que nous venons de fuir. Mélodies claires, jouées sur des guitares branchées en open tuning. Pour les avoir déjà vu dans une salle plus petite, le groupe ne nous semble pas ce soir particulièrement motivé.


Présentés régulièrement comme le versant français de l’antifolk, les français ont su, malgré tout, servir leurs douces comptines, mélange de folk, de pop légère et aux accents country. Ils ont la tête de votre meilleur ami, et comme vous avec lui, vous aimez passer des moments légers et intenses comme leur musique, émouvante sans être baveuse. Le premier concert pertinent de la journée. Nous croisons les musiciens nous leur adressons nos félicitations tout en apprenant que Babyshambles est en retard et jouera sur la scène de la découverte.


Nous commençons donc sérieusement à douter de leur venue, et, l’espoir s’amenuisa au fur et à mesure d’une attente d’une heure et demie. Ici les avis divergent, votre serviteur en a pensé ceci :
19h, avec un quart d’heure de retard, ils débarquent enfin sur scène, l’émeute commence.

Contrairement à leur habitude le groupe débute par ‘Pipe down’ et la suite du concert se déroulera de la sorte : Babyshambles préférant jouer des nouvelles chansons (Eight dead boys, what did I dream, Black boy lane) pour ne citer quelles.

Pour le reste, je me contenterai de vous déversez ce flot de pensées ;


Pete Doherty et son new band sont passés au festival R.E.S, cela suffit à ce que ce soit un évènement. On ne se demande même pas si le concert fut bon, non, on se contente de dire qu’on a vu la bête de près. Celle dont on ne cesse d’entendre parler, pour peu qu’on s’intéresse à la musique, à la poésie, ou au portemanteau cadavérique. Pete devient donc, une sorte de repère, figure emblématique d’une génération dont il est l’idole absolue à côté de Jack White et de Julian Casablanca. Aimez vous les Strokes, aimez vous Pete, sont devenues pour certains une question passeport. Quand l’on me demande qui je suis, je réponds qu’il y a des indices dans ‘Up The Bracket ‘, à quoi je rêve, je passe la version acoustique d’Albion. Les leaders politiques ainsi que tous les petits cons syndicalistes étudiants auront toujours un discours moins fort que celui de Pete ivre mort qui hurle « Fuck Forever », tant cette chanson est le symbole du refus des seules alternatives qui nous sont offertes. En Angleterre avec Blair ou les Tories, la même chose en somme exception faite que le premier écoute Oasis dans sa bagnole de fonction ; en France, une droite qui brasse de l’air ou une gauche qui vous fait perdre tout espoir.

Limitons les dégâts, votons, mais rêvons et écoutons ce que ce charmant ménestrel a à nous dire.

Fan des libertines, voir un concert des Babyshambles est pour moi un constat d’échec agréable à écouter. Où est la guitare manouche de Carl, mais quel romantisme exacerbé !!
Le couple Barat-Doherty fonctionnait de la même manière que Marr-Morrisey : l’un est un poète de la guitare, l’autre un musicien des mots. Mais la carrière solo du jeune homme troublé s’apparente plus (pour le moment) à celle de Barret qu’a celle du Moz. Comme pour le Floyd, les libs savaient encadrer leur génie pour rendre leurs chansons plus percutantes. Quand Barret fut seul, il entama un voyage cosmique où il n’hésita pas à se frapper aux météorites et où il échappait de peu au trou noir.
Guitares arythmiques, changement brusque de mélodie et de tempo sans ponts, refrains non évidents, tout cela a priori ne sonne pas en place mais parvient à tenir, véritable tour de pise du rock. C’est cela Babyshambles.
Fin de la comparaison car les libertines ne comportaient pas un, mais quatre grands du rock, et Pete n’est pas près de devenir gros et chauve. Dons certes, les fans anglaises crient trop, tout cela n’est pas en place, la voix de Pete est plus émouvante que juste. Mais la force des mélodies, le charisme de Doherty font que même si leurs posters ne seront jamais accrochés chez les vendeurs de guitares, ils garderons une touche particulière, une âme.
Le concert est à cette image, Pete planant mais attentionné envers les manifestations de joie de ses fidèles, lui offrant ce qui figurera dans son prochain testament (en carton pâte).
Tout ce blabla oublie de rappeler le talent d’écriture du bonhomme. En concert nul ne l’oublie quand il joue ‘Albion’, meilleure chanson du festival, qui vous rappel que celle qui vous fait comprendre de par sa grâce tout ce qui se rapporte à l’art est à côté de vous, et qu’il faut la serrer fort dans vos bras, voilà la forme physique de toutes les pensées qui vous parcourent l’esprit en écoutant Pete avec ou sans Carl (mais plus avec !!!!!).

Pouf pouf mais dieu me tripote (merci mon dieu).

Le concert finit à temps pour le début de « Feist », agréable apéritif musical, calme, classieux ; Nos dos nous en remercient. Vu de loin, le show fut sobre, et la musique de l’artiste manque de quelques cordes ou autres claviers pour donner à ses chansons, le souffle qui leurs est nécessaire. Une grande promesse d’avenir, qui ne nous a cependant pas retenu. Nous déambulons par la suite sur le site, où nous croisâmes la rock star ultime : non ce n’est pas Pete, ni Franck Black, mais Jean-Paul Luchon.


Tout en mangeant des frites, nos oreilles tendent parfois vers le set des « Foo Fighters », mais la power pop de Dave Grohl ne nous semble pas assez pertinente, pour nous détourner de notre droit chemin, celui qui mène aux concessionnaires bordelais : « The Film ».
Il est facile de cracher sur ce groupe et la façon dont il s’est fait connaître, mais en live les dernières réticences tombent. Le concert est d’une efficacité redoutable, le plaisir des musiciens d’être là trop cool sa mère. Pour les avoir déjà vu auparavant, force est de constater que le show est identique mais c’est quand même trop cool ça mère.


« Franz Ferdinand » eux, ils étaient pas trop cool sa mère, est ce que c’était du live ou du play back ? Ah si ! Ils jouent pour de vrai ! Le chanteur y dit que le batteur hey bah il a une grosse bite..Trop formaté, trop évident, les nouvelles chansons ne sont que des parodies de leurs premiers tubes. On a quand même un peu dansé, mais pas trop. Et on est parti prendre le métro à la cool. Bonne nuit tout le monde, je vous aime.
I am the new faintly blowing!!!

#32 masto

masto

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Posté 16 September 2005 - 07:40

Bravo, je me suis régalé en lisant la fin de ton report !
The world won't listen

#33 darko

darko

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Posté 16 September 2005 - 08:26

trop cool sa mère ce live report :yes:
Get off, get up, you son of pop
The light below is bright on top
It's suds and soda a vibe decoder

All my Gigs (2000-2014) ...

#34 jediroller

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Posté 16 September 2005 - 08:58

Huchon, pas Luchon :D

Merci pour ce livestreamofconsciousnessreport écrit avec un apparent abandon, mais beaucoup de personnalité. . De la belle ouvrage !

Je continue cependant de penser qu'on peut être "gros et chauve" et torcher tous les Doherty du monde ! ;)

Mais l'essentiel est sauf : tu cites Desproges, tu es mon ami.
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#35 ikara boy

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Posté 16 September 2005 - 09:05

je ne pensais pas à Franck, mais à ce qu'est devenu Syd. J'aime beaucoup sa carrière solo, ainsi que celle des Breeders.
Scoop mon premier dique acheté à 9ans: The Breeders, last splatch (à cause du tube Cannonball)!!
C'est marrant, mais sans que tu es à t'exprimer sur ce sujet, il était déjà façile de savoir que tu n'allais pas aimer les THE machins trucs...
Tant mieux, ça permet de freiner mes ardeurs :P
I am the new faintly blowing!!!

#36 jediroller

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Posté 16 September 2005 - 09:33

Tu étais déjà cool à 9 ans ! A cet âge-là j'écoutais les 33-tours de ma mère...

Je ne voudrais pour rien au monde freiner tes ardeurs... Lâche-toi, le résultat est délectable.

Pour le reste, je sais que je suis assez prévisible... Mais la remarque sur les "gros chauves" était plutôt un clin d'oeil :)
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#37 iansich

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Posté 16 September 2005 - 10:37

Total respect Monsieur Ikara Boy, une bien belle écriture :rock:




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