
J’ai dument hésité à écouter ce deuxième album de ce duo danois à l’ésthetique si rétro. De trops grandes promesses de disque pop ultime se degageaient du packaging, que la peur de la déception était trop forte. Le groupe était trop parfait sur ses photos de presse, sur ses intentions revendiquées en interview. Pensez donc, mélanger la magie de la pop chantilly façon Ronettes et Shangri-Las, les riffs de guitares accrocheurs comme ceux de Jack White (restons contemporain) et une urgence toute actuelle. Le rêve que l’on se fait de cette musique pour le moment juste idéalisé est telle, que l’on se pense à croire qu’il n’en résultera que de la désillusion. Un peu comme pour le dernier Burgalat, impossible de ne pas avouer même sous la torture, que ce n’est pas un chef d’œuvre, mais la difference entre ses déclarations et son disque font qu’il prend désespérément la poussière, malgré de nombreux passages du balais Swiffer.
La force de la musique rêvée !!! Brian Wilson en aura fais les frais !
Donc ce Pretty in Black… O rassurez vous, je ne pousserai pas le bouchon jusqu’à le comparer à Smile…même si au moment où j’écris ce texte, il m’est plus cher.
Le groupe a retenu les leçons spectoriennes et plus recemment celles de Jesus and Mary Chain : un beat martial, des guitares qui sonnent comme des envolés de violons, et beaucoup d’écho dans la voix. Voilà pour l’emballge.
Sur ce dernier essai, le rêve rejoint la réalité. Les chansons sont écrites à la hauteur de leurs ambitions, plus question de cacher une paresse mélodique derrière d’habiles arrangements ombrageux, les mélodies vous sautent à la figure en vous suppliant de les aimer. Difficile de résister tant il est vrai qu’elles sont la continuité des pop-songs sucrées des sixties.
Dans un premier temps à la manière de Lee Hazelwood ou des Ronettes, bref le reflet d’une amérique idéalisée, rêvée par des danois.
Il y a ici une chanson qui met en évidence la connection entre le spectre phil et l’electro-clash (la reprise de my boyfriens’s back), tout est une question de beat martial et de petites filles qui ne demandent qu’à briller (bien souvent à travers leur petit copain).
Des pantatoniques, des duels à la Only Ones qui trouvent une nouvelle force dans ces échos omniprésents. Les riffs tueurs font oublier les petits Franz Ferdinand.
Cet album est un panorama de la musique pop, tant elle part dans plusieurs directions. De l’electro à la ballade folk pionnère comme sur le dernier BRMC, du garage rock, de la power pop, le tout en gardant l’aspect faussement rétro.
Ils peuvent se le permettre: leur identité est suffisament forte. Ils ne font pas de la musique de vendeurs de disques, n’ont aucun complexe avec le passé, ils ne jouent pas scolaires.
Et enfin pour tous ceux qui doutent de mes écrits, écoutez juste Ode to LA en duo avec Ronnie Spector, si il ne se passe rien en vous ; convoquez vos proches et envoyez leur la mauvaise nouvelle : vous êtes mort !!!
Cette chronique est dediée à ma chatte, décédée hier, merci pour tous les bons moments ma petite bouille.
1. Heavens
2. Seductress of Bums
3. Love in a Trashcan
4. Sleepwalking
5. Uncertain Times
6. My Boyfriend's Back
7. Here Comes Mary
8. Red Tan
9. Twilight
10. Somewhere in Texas
11. You Say You Lie
12. Ode to L.A.
13. If I Was Young










