Tool
Complexité et oppression musicale...

De ma période pré-adolescente de fan de "métal" (et oui, je suis passé par là…), il ne reste pas grand chose, si ce n'est Tool et son génie. Sepultura, Soulfly, Pantera, Slayer, Metallica et compagnie sont bien loin, mais pas Tool… Parce que Tool est autre chose que du "métal" ou du "trash", ils sont à part… Leur style est unique, complexe et torturé, sombre et lumineux, puissant bien sûr, un style pur et brut, mais pas "brutal"… Voilà, ça c'était pas ne pas effrayé les gens qui en lisant "métal" se seraient arrêter net de lire, l'horreur au visage… Pour faire simpliste et puisque vous aimez bien les références, Tool serait quelque chose entre Black Sabbath et Nine Inch Nails dans le style et entre Pink Floyd et Radiohead pour la complexité, mais c'est très vite dit…
Qu'est ce que Tool? Le créateur du groupe est Maynard James Keenan, chanteur et tête pensante, puis il y a Adam Jones guitariste et cinéaste (créateur de tous les clips de Tool qui sont généralement d'une originalité folle), Danny Carey à la batterie et Justin Chancellor à la basse, remplaçant Paul D'Amour parti en 1995.
1992, Sortie d'un premier mini-album, "Opiate", mélange de compositions studios et de lives. Les futures bases de la musique de Tool sont posées dès les premières notes de cet album initiatique. Le style est sombre, les mélodies hypnotiques pour donner quelque chose d'assez indescriptible. La batterie et la basse sont omniprésentes, "Sweat" en est un parfait exemple… Outre la musique, ce qui m'a marqué sur cet album, c'est la voix de Keenan, une voix envoûtante très axée sur les vocalises. Gardez votre argent, le meilleur est encore à venir…
1/ "Sweat"
2/ "Hush"
3/ "Part of me"
4/ "Cold and ugly" (live)
5/ "Jerk-off" (live)
6/ "Opiate"
1993 et voilà qu'arrive "Undertow", le premier véritable album… Les compositions sont mieux maîtrisées, plus complexes et moins directes que sur "Opiate". Les morceaux sont aussi plus longs et ponctués de silence, voilà une marque de fabrique de Tool. Oubliez le sempiternel "couplet / refrain / couplet"… Keenan atteint le sommet de sa maîtrise vocale chaude et profonde qu'il ne lâchera plus… Basse et batterie sont lourdes… Jones balance des riffs ténébreux et oppressantes… Oppressante, voilà un mot qui correspond bien à la musique de Tool… Torture mentale et critique globale d'un monde jugé invivable et irrécupérable, "Undertow" pose les bases thématiques de l'univers de Tool. Tool est en avance sur son temps sur bien des points… Et puis il y a "Sober" et son ambiance ténébreuse, un véritable chef-d'œuvre toolien dans la structure, en celà, on comprend ce que vont devenir systématiquement toutes les chansons de Tool dans le futur. A lui seul, ce titre justifie presque l'achat de cet album, de plus, le clip réalisé en pâtes à modeler par Jones est une pure merveille. Jones, réalisateur de tous les clips de Tool, a fait ces armes dans la section effets spéciaux à Hollywood, ce qui explique surement la qualité de ces oeuvres. L'autobiographique "Prison sex" est dans la même veine géniale que "Sober" en plus bondissant…
1/ "Intolerance"
2/ "Prison sex"
3/ "Sober"
4/ "Bottom"
5/ "Crawl away"
6/ "Swamp song"
7/ "Undertow"
8/ "4°"
9/ "Flood"
10/ "Disgustipated"
Octobre 1996, le choc! Le vrai choc esthétique ! Le 3éme album, "Aenima"… Tool est à l'apogée de son art et la perfection n'est pas loin… Sublime, magistral, les mots me manquent pour décrire ce chef d'oeuvre d'intelligence, d'originalité, de complexité, de puissance mais sans forcer la dose. "Aenima" reste néanmoins accessible bien que difficile à la premiére écoute, le critique saluera d'ailleurs unanimement cet opus mémorable... Le son est lourd, les riffs sont lourds, la rythmique est lourde, tout est lourd, pesant, écrasant, inextricable, et cela pour montrer l'apathie qui gagne peu à peu le monde. Seule la voix de Keenan surnage dans ce monde morne et terne, une voix de messie, de sauveur, une voix à marquer ma culture musicale. Les intros, les atmosphères et les textes sont très travaillés, les rythmes sont variées et constamment brisées, les riffs sont sobres et accrocheurs et le chant est indescriptible de force et de technicité. Originalité supplémentaire, les morceaux sont ici entrecoupés de bande son, ce qui donne des chansons de 7 à 8 minutes, voir plus…
"Stinkfist", un mélange de douceur vocale et de violence sonore. "Forty six & 2" pose son atmosphére tendue sur la longueur. "Die eier von Satan" (entièrement en allemand) et "Message to Harry Manback" (au piano) sont délirants et lancinants. "Eulogy", magique par son crescendo, peut-être ma chanson préférée de Tool. "Aenema" et Pushit (dont l'intro d'une douceur folle et le refrain répété me mettent systématiquement la chaire de poule), tubesques, presque la perfection toolienne. "Hooker with a penis" est un pied incroyable et coule torrent dans la vallée. Bref, s'il ne fallait garder qu'un album de Tool, ce serait pour moi forcement "Aenima"...
1/ "Stinkfist"
2/ "Eulogy"
3/ "H"
4/ "Useful idiot"
5/ "Forty six & 2"
6/ "Message to Harry Manback"
7/ "Hooker with a penis"
8/ "Intermission"
9/ "Jimmy"
10/ "Die eier von Satan"
11/ "Pushit"
12/ "Cesaro summability"
13/ "Aenima"
14/ "(-) ions"
15/ "Third eye"
2000, "Salival", un coffret CD + DVD. Une version incroyable de "Pushit" et une reprise live de "No quarter" de Led Zeppelin sont à noter…
1/ "Third eye" (Live)
2/ "Part of me" (Live)
3/ "Pushit" (Live)
4/ "Message to Harry Manback II"
5/ "You lied" (Live)
6/ "Merkaba"
7/ "No quarter"
8/ "L.A.M.C."
Printemps 2001, Keenan se lance dans A Perfect Circle, un projet parallèle décrié dont je ne parlerai pas ici…
Puis arrive "Lateralus" et le débat est ouvert entre les adorateurs de "Aenima" et les fanas de "Lateralus". Pour moi et c'est mon coté bayrouiste de gauche, ils sont au même niveau d'excellence, d'ailleurs je ne conçois pas bien l'un sans l'autre comme un "Kid A" et un "Amnesiac" de Radiohead. "Lateralus" rassemble les mêmes qualités dont j'ai parlé concernant son prédécesseur… Il serait peut-être même un peu plus mélodique et moins lourd, donc plus facile d'accès? Mais les chansons sont toujours aussi complexes livrant des surprises à chaque écoute, il y a aussi peut-être moins d'envolées vocales et plus de vocalises d'ambiance propices à l'introspection. Vous l'avez compris, pour moi, les deux albums sont au même plan, avec quand même une petite préférence pour Aenima...
"Schism" et l'énormissime single au style ténébreux et hypnotique à souhait, tellement lancinant que celà en devient oppressant. "Réflexion" fait dans la basse orientale. "Eon blue apocalypse" me fait pleurer de tristesse. "The grudge" oscille entre rage quasiment trash et vide quantique. "Disposition" et ses montées en puissance surprenantes. "Parabol" et "Parabola" inséparables, l'un divin, l'autre diabolique, "Lateralis", "Ticks and leeches", que des merveilles…
1/ "The grudge"
2/ "Eon blue apocalypse"
3/ "The patient"
4/ "Mantra"
5/ "Schism"
6/ "Parabol"
7/ "Parabola"
8/ "Ticks and leeches"
9/ "Lateralis"
10/ "Disposition"
11/ "Reflection"
12/ "Triad"
13/ "Faaip de oiad"
Concernant l'avenir, on sait uniquement que Tool est actuellement en studio et que comme d'habitude, tout est top secret. Rien ne filtre, même pas une date de sortie...
Voilà, pour cette discographie à compléter de Tool, vous aurez compris que j'adore ce groupe, j'espère n'avoir effrayer personne et vous avoir donner envie de découvrir ou de redécouvrir Tool ou du moins d'y jeter une oreille, car ce quatuor est tout sauf un groupe de métal ordinaire.
Site officiel : www.toolband.com/











