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Minus story


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1 réponse à ce sujet

#1 Invités_darya_*


  • Invité

Posté 01 décembre 2005 - 23:30

Image IPB

Je découvre tout juste un groupe qui s'appelle Minus Story

A leur actif: quatre albums et un EP (intitulé Heaven and Hell et dont la pochette est superbe!).

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Je découvre à peine leur dernier disque No rest for ghosts

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1. I Was Hit
2. Knocking on Your Head
3. Ringing in the Dark
4. Hold On
5. Little Wet Head
6. Waking Up
7. Will I Be Fighting?
8. There Is a Light
9. To the Ones You Haunted
10. In Our Hands


C'est entre pop et folk, voix douce mais très américaine, jusque dans ses sonorités très nasales. Un accompagnement instrumental discret. Assez sobre, mais un univers qui leur est propre, j'accroche bien! Apparament, ils auraient tourné avec Neutral Milk Hotel et Shearwater.
J'aime beaucoup Knocking on your head dont la voix me rappelle certaines chansons de Daniel Johnston, sans le côté détraqué et sauvage...
Ou encore There is a Light une sorte de berceuse lancinante et monotone...
Une jolie découverte pour moi!!!

Site du groupe
(l'album est en écoute en entier sur ce site en streaming, c'est la news du 10.11.2005 :ipod: )

#2 JohnSteed

    Secretly Canadian


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Posté 02 décembre 2005 - 08:26

Voir le messagedarya, le jeudi 01 décembre 2005 à 23:30, dit :

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Album du mois pour le n° de novembre de Magic revue pop moderne:

Citation

'J’écoute donc je suis' : voilà ce qu’aurait affirmé René Descartes s’il avait eu l’occasion de télécharger illégalement 'No Rest For Ghosts' sur son iPod dernier cri. Car cet album nous donne foi en l’existence d’une beauté et d’une sincérité véritables, alors que, jour après jour, les preuves du contraire s’accumulent. Un tel disque ne pouvait d’ailleurs atterrir autrement sur nos platines, c’est-à-dire sans buzz ni singles aguicheurs, sans plans médias en guise de béquilles promotionnelles ni commentaires d’illustres parrains jetés comme de la poudre aux yeux. Minus Story se passe de ce genre d’artifices. Sa musique est son seul argument.

Ce quatuor originaire du Missouri enregistre là son deuxième album pour l’incontournable structure Jagjaguwar et déjà le quatrième de sa courte existence. Le précédent, 'The Captain Is Dead', 'Let The Drum Corpse Dance!', remarquable quoique peu remarqué, étrennait ce qui va devenir sa marque de fabrique : The Wall Of (Crap) Sound. Avec 'No Rest For Ghosts', le groupe ralentit le rythme pour signer une œuvre majeure. Dès la lecture des trois premiers titres ('I Was Hit', 'Knocking On Your Heads', 'Ringing In The Dark'), on se dit qu’Andy Byers et ses amis ne sont pas là pour rigoler. Ils préfèrent nous hanter et composent la musique idoine pour parvenir à leurs fins. À savoir une pop brute et décharnée, mise à nu par la voix déchirante de Jordan Geiger. Comme si Mercury Rev avait appris la modestie en engageant l’ouvrier qualifié Steve Albini juste après avoir licencié l’enjôleur Dave Fridmann pour faute grave ('Secret Migration').

On pense également à The Magnolia Electric Co. lorsque les premiers accords de 'There’s a Light' résonnent. Sur Waking Up, on croise furtivement le fantôme apaisé d’Elliott Smith, et l’on se fait une idée assez précise de ce qu’aurait pu nous offrir le songwriter désenchanté s’il avait choisi de jouer une musique aussi désespérée que ses textes.

Mais inutile de limiter Minus Story à quelques références tant ces compositions étranges et étonnamment complexes, portées par une section rythmique mouvante et virtuose, surprennent à chaque instant. Aussi surprenantes sont les paroles, absurdes et surréalistes, nous contant notamment l’histoire d’une chasse au nuage avaleur d’âmes ou d’un homme gobé puis régurgité par son propre enfant. Le très surréaliste Robert Desnos, justement, écrivait dans 'Corps Et Biens' (1930) : “J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu’à être fantôme parmi les fantômes…” Les membres de Minus Story ont dû tant songer à ces chansons qu’ils nous les délivrent comme dans un songe, s’effaçant à leur profit. Chacune d’elles se suffisant à elle-même, s’apparentant à une sensation inédite, un sentiment nouveau impalpable mais tellement intense. On se fiche alors presque de savoir qui sont ces musiciens, tant ils ne semblent être que les vecteurs géniaux d’une créativité qui les dépasse. Les trois perles alignées en fin de parcours ('Will I Be Fighting', 'To The Ones You Haunted' et In 'Our Hands') en sont les exemples flagrants. La première vous désarme par une progression à la fois brillante et troublante et sublimée par une trompette spectrale, la puissance et l’éclat mélodique de la seconde vous fait vaciller tandis que le final élégiaque de la dernière assène un coup de grâce qui n’aura jamais aussi bien porté son nom. Une grâce qui ne quitte jamais l’album, chaque note distillant cette même mélancolie, cette même tristesse sereine et assumée que l’on a pu éprouver à l’écoute de 'The Sophtware Slump' de Grandaddy.
Là où Jason Lytle a ému avec le magistral 'So You’ll Aim Toward The Sky', Jordan Geiger en fait de même lorsqu’il scande “And all we’re innocents/We’re ringing in the dark again”, comme s’il s’agissait du dernier souffle capable d’attiser les braises d’une vie partie en fumée.

Aussi fragile que bouleversante, cette (Minus ?) Story s’écrit donc en lettres d’or et l’on sait d’ores et déjà qu’il sera difficile de surpasser ce coup de maître. Mais pourquoi ne pas leur faire confiance, pourquoi ne pas les accompagner dans l’écriture des pages à venir, sur lesquelles couleront encore beaucoup de larmes. Les fantômes ne sont-ils pas éternels ? Écoutez et vous serez, écoutez et vous saurez.

Jean-François Le Puil

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