Broken Social Scene - Broken Social Scene

01. Our faces split the coast in half
02. Ibi dreams of pavement (a better day)
03. 7/4 (shoreline)
04. Finish your collapse and stay for breakfast
05. Major label debut
06. Fire eye’d boy
07. Windsurfing nation
08. Swimmers
09. Hotel
10. Handjobs for the holidays
11. Superconnected
12. Bandwitch
13. Tremoloa debut
14. It’s all gonna break
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Broken Social Scene, collectif de 17 musiciens, nous est tout droit venu du Canada, d'où décidemment n'en finissent plus d'arriver les artistes de qualité. On connaissait déjà Godspeed You Black Emperor et Do Make Day Think... en voilà un troisième, qui semble ne pas avoir grand chose à envier aux deux premiers.
Première écoute intriguante : mais qu'est-ce que c'est que ce gigantesque foutoir musical ? Je me suis senti un peu déboussolé face à des chansons qui paraissaient de prime abord complétement destructurées. Mais on s'apperçoit vite qu'en réalité, c'est tout le contraire. Cette avalanche de sons, agencés les uns sur les autres avec la vista d'un pizzaïlo face à un rond de pâte répond en réalité à une mécanique précise. cette musique est millimétrée, calibrée, et cette impression de gigantesque foutoir musicale sert finalement la variété musicale d'une oeuvre qu'il faut apprivoiser pour en profiter.
Our Faces Split The Coast In Half et Ibi Dreams Of Pavement (A Better Day) viendront peut-être à bout des oreilles un peu délicate (ou pas assez...), comme un vieux whisky brûlerait une gorge encore un peu tendre. Mais la seconde gorgée est forcément plus douce... Ces deux morceaux d'intro sont tout simplement renversant, d'une intensité remarquable. Les arrangements y font beaucoup, autour d'une joute entre guitariste qui se rendent coups pour coups, déflagrations pour déflagrations... Plus vraiment de refrains, plus vraiment de couplets, mais une musique dont l'emphase et la montée en puissance sont la seule raison d'être. Et quand Feist prête sa voix le temps d'un morceau, 7/4, l'harmonie est complète... Et quand sur Swimmers le collectif revient à du pop-rock plus classique, je reste toujours sous le charme.
Le combo canadien m'a littéralement transporté. Dans ce creuset "electro-post rock-new wave", ils coulent un alliage assez unique, un métal précieux, en fusion permanante. Leur musique est pleine d'ampleur, de majesté, avec des arangements de cuivres omniprésents qui ne cesse de donner au disque un élan pour le grand saut final.
Car le zénith de l'album est pour les dix dernières minutes, dix minutes pour une seule chanson, It’s all gonna break, véritable déluge de sons foutraques, de guitare électriques dissonantes et de cuivres hurlants, brûlant... Morceau intense qui renvoie le plus froid des auditeurs dans les cordes, KO ! Très grand album. Et comme disait l'autre, ça n'est peut-être que du rock'n'roll mais putain ce que j'aime ça !
















