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Venus à la Maroquinerie - 11/05/2006


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2 réponses à ce sujet

#1 darko

    Indierockforum Team


  • Indie Rock Mag
  • 4 691 messages

Posté 16 mai 2006 - 00:44

La Maroquinerie affiche complet pour cette soirée qui commence en charmante compagnie avec Half Asleep. Je connaissais cette artiste Belge de nom, mais je n'avais jamais eu l'occasion de l'écouter, ce fut la surprise du soir, et quelle belle surprise. Bien en a pris Venus d'inviter Valérie Leclerc qui, toute seule sur scène, réussit à captiver l'attention de la salle. Alternant des mélodies mélancoliques à base de piano ou d'une simple guitare, la jeune fille d'une vingtaine d'année a une voix accueillante et agréable qui me semble familère et ne me laisse pas indifférent. Je pense de suite à Cat Power, et en fait quand elle nous fait une reprise de Nico, je me dis que c'est vrai que son univers s'en rapproche vraiment : des chansons à fleur de peau, une musique dénudée qui ne s'apprivoise pas facilement avec des notes de piano carressantes et d'un coup tranchantes, ou même des superpositions de boucles de guitares rugueuses et à la fois hypnotiques qu'elle prend plaisir à programmer devant nous.
La Belgique réserve vraiment de jolies découvertes à tous les passionnés de musique. Encore un nom à retenir mais celui là je m'en souviendrai facilement...



Après une courte entracte, les membres de Venus arrivent pour une heure et demie de rock classieux et sophistiqué à l'image de leurs tenues, le chanteur Marc Huygens ayant même choisi de mettre une robe longue, cravate et haut élégant par dessus ainsi que des Rangers aux pieds. Le décor est simple et sobre avec au fond une toile de velours rouge qui sera éclairée par un lustre jonché sur le sol. Venus va pouvoir nous faire visiter "the Red Room" du dernier album.

Le quatuor démarre justement avec Everybody wants to be loved et son riff de guitare lancinant, sa rythmique régulière et lente assurée par un la chute d'un tambourin disposé sur la batterie, son violon joué à la manière d'un banjo. La tension monte crescendo et d'un coup le morceau est stoppé net dans son élan. C'est frustrant une ouverture qui s'arrête de la sorte, vivement la suite. Heureusement Venus ne nous laissera pas sur notre faim, nous offrant dans la foulée d'autres titres du dernier opus. Rien à jeter dans la suite du menu, les morceaux les plus récents ne perdent pas de leur intensité sur scène, et même le côté brut et sombre prend une toute autre lueur. Le chanteur y contribue grandement en se livrant totalement, semblant par moments habité, très remuant et n'hésitant pas à marteller la scène de ses pieds et se déchainer avec des cymbales ou même chanter en utilisant un mégaphone. Mais, il sait aussi le plus souvent garder son calme, sans en faire des tonnes. Et surtout quelle voix, elle est vraiment émouvante, il suffit d'écouter le superbe et minimaliste Here & now pour ressentir de nouveau les frissons me traverser.

Je dirai que le charme de cette prestation tient aussi particulièrement aux arrangements qui semblent faits de bric et de broc et pourtant très travaillés. Pas de clavier à ma grande surprise, juste une guitare accompagnée par un violon, voire une deuxième guitare, ainsi qu'une basse ou une contrebasse selon le morceau et une batterie, utilisés afin de retranscrire sur scène l'univers du groupe aux mélodies subtiles et tourmentées. La façon de jouer s'en ressent, toujours à la limité de la rupture, les instruments servant d'exutoire: les cordes des instruments sont notamment tirées, froissées, frottées, et même jouées avec un couteau (la guitare de Mother's voice si mes souvenirs sont bons), alors que les "normes classiques" voudraient qu'elles le soient autrement. En fait, Venus innove et retravaille chaque morceau (parfois difficilement reconnaissables, du moins sur les premières notes) pour la scène, ne voulant sûrement pas tomber dans la facilité et la monotonie, pour un concert qui fait la part belle à l'électricité et qui privilégie les variations entre moments de tension et de périodes de calme. Et les morceaux les plus anciens ne dérogent pas à cette règle avec entre autre, un White Star Line de toute beauté qui part dans toutes les directions et un génial Beautiful Days au rythme effréné qui diffère vraiment de l'original, sans oublier un Wanda Wulz ou un Royal Sucker qui laissent songeurs.

La châleur étant étouffante, Marc Huygens très souriant et vraiment causant, nous a déclaré qu'une Finlandaise leur avait offert une petite chanson et qu'il voulait nous en faire profiter. Dés les premières notes d'une version revisitée de Bachelorette de Bjork, un petit air de fraicheur parcourt la salle, porté par le son ennivrant du violon et des carillons. La soirée touche à sa fin avec de une reprise de Daniel Lanoie (O MArie) et une version lumineuse de Kallenovsky. Merci, vous pouvez rentrer chez vous, les lumières se rallument, la visite de l'appartement (il était bien joli) est terminée, l'assistance applaudit évidemment. Sur ce, je repenserai aux 7 minutes de Poison, morceau tout en relief, inquiétant et envoûtant à la fois qui fut mon préféré de la soirée ...


Pour la petite anecdote, mon denier concert dans cette salle était celui de Ghinzu, et bien je dirai qu'ils ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre le niveau de leurs ainés. Ils ont intérêts à être patients...
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#2 caribou

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Posté 16 mai 2006 - 07:53

Voir le messagedarko, le mardi 16 mai 2006 à 01:44, dit :

une version lumineuse de Kallenovsky.


Aïe, ça m'achève d'entendre ça. J'adore ce morceau, j'adore, j'adore ... et viva Venus et merci darko.

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Posté 16 mai 2006 - 10:12

Voir le messagedarko, le mardi 16 mai 2006 à 01:44, dit :

une version revisitée de Bachelorette de Bjork


Moi c'est ça qui m'achève... :bye: même si je le savais déjà...
Mais il en aurait pas fallu beaucoup pour m'achever après cet excellent live report... :yes:





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