J'ai décidé de ne faire aucune classification, ce serait trop complexe. Je vais donc tenter de faire une analyse chronologique des albums du BJM.
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[/indent][/indent]San Francisco, le monde se noie sous la vague grunge, mais dans la ville folle, un génial égocentrique, amoureux de musique (Anton Newcombe) rencontre un tambouriniste délirant (Joel Gion), un bassiste créatif (Matt Hollywood) et un guitariste talentueux (Jeff Davies)… Hommage nominatif à un autre génial égocentrique et à un autre suicide collectif, leur nom sera The Brian Jonestown Massacre. Anton, leader en tant que compositeur et musicien accompli, cherche des le début a laisser parler sa sensibilité sans se préoccuper de la perception extérieure, ce qui va faire ressortir très nettement les influences sixties et psychédéliques du groupe.
Methodrone (1995)

De fait, ce premier album (reprenant certaines chansons du maxi Spacegirl sorti deux ans auparavant et qui bénéficie d’une réédition intéressante datant de 2003), est très classique, dans ses sonorités et sa construction. Il pose les bases de ce que sera la mentalité du BJM pour une bonne partie de leur carrière. L’abondance des références musicales étant telle que chacun peut l’aborder comme il le veut et saisir une expérience sensible propre (personnellement, je le vois comme un album de shoegaze). Objectivement, l’album recèle, dans sa première partie, de quantité de tubes entêtants (“Wisdom”, “Crushed”, “That Girl Suicide”, “Wasted“) aux riffs très sixties mais aux sonorités réactualisées. Tres accrocheurs, difficile de s’enlever ces chansons de la tête après les avoir entendues. La deuxième partie, plus intéressante mais moins efficace, montre un visage moins accessible et plus subtile avec des perles comme “She Made Me”, “End Of The Day” ou le final “Methodrone”, l’ambiance est tenue par des guitares feutrées, saturées mais omniprésentes, des dissonances et distorsions et une douce voix d’Anton qui abandonne le mordant du début d’album. Cet ensemble de chansons, parfois perturbé par des bruits ou des instrumentaux ambiants (“Records”, “End Of The Day”), dégage déjà un souffle acide, marchant au début et se baladant ensuite.
On pourrait alors rester sur notre faim, réclament LA chanson qui fait décoller tout cet album du reste et de ses références. Arrive, a point nommé, “She’s Gone”, sûrement une des plus belles chansons du groupe, tous albums confondus. Les premières secondes annoncent la tempête imminente, arrive une première secousse puis un tremblement de terre, sur fond de mélodie synthétique, de rêveurs chants rythmiques et d’un psychédélisme sans pareil dans la voix d’Anton, la fin du monde est proche, ce qui a existé n’existera plus et ça, Anton le sait très bien, c’est pourquoi il allonge ce chef d’œuvre hors du temps, irréel et l’achève sur un défiant “In my life, i’ve seen all”.
On ne peut espérer meilleur premier album, posant les références et le dualisme qui va hanter les disques suivants, opposant efficacité et douceur, si difficiles a marier pour Anton.













