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Nawak: les films de chinois qui's'tapent


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3 réponses à ce sujet

#1 Miss Lacroix

Miss Lacroix

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Posté 29 December 2007 - 20:58

Je voue une véritable passion aux films de chinois qui's'tapent, du coup vous allez subir un machin publié il y a fort longtemps sur mon blog que personne y lit mais que je m'en fous car tel certains groupes trop en avance sur leur temps je m'auto-suffit-prétenchouille:

Chinoiseries et capilliculture
Jusqu'à présent, mes contacts avec le cinéma asiatique s'étaient limités au visionnage de deux ou trois films de japonais en kimonos qui se tapent et des deux ou trois autres films de chinois en kimonos s'adonnant à la même activité (avec deux ou trois variantes shaolin). Mis à part Battle royale et Le festin chinois (histoire de cuisiniers asiates déjantés qui se tapent que je vous engage chaleureusement à visionner), je dois avouer que l'idée de voir un nanar cantonais ne provoquait pas plus d'enthousiasme en moi que la perspective de jouer au water polo dans un fjord norvégien en plein hiver (spéciale dédicace à Banban). C'est vous dire si j'étais peu chaude.
Mais, ignare que j'étais (ignorance crasse dont je vais vous sortir sous peu vous aussi, c'est dire si je fais preuve d'humanisme), je ne connaissais pas encore ce chef d'oeuvre de l'empire du soleil rouge, à savoir Les 8 diagrammes de Wu-Long.
L'histoire au fond est peu intéressante, il s'agit de la famille Yang, toujours fidèle à l'Empire (très important la loyauté, ça va justifier au moins 80 % de la castagne du film), qui tombe dans un piège tendu par Pad-Mei, qui se l'est joué délice perlé aux 4 parfums avec papa Yang mais qui s'est révélé mao-figue, mao-raisin, puisque le traître envoie les 7 fils et leur père dans un traquenard à la frontière nord (domaine de la tribu des sauvages Zi-Va). Deux fils seulement en réchappent, l'un regagne le palais familial et y est traité à coup de rouleaux de printemps maternels tandis ce que l'autre applique l'adage "Les bons contes font les bonzes amis" et file cacher sa verve léonine (il grogne du début à la fin du film) dans le Monastère de la Quiétude. En gros on nous montre comment les fistons vont réussir à rassembler les morceaux de famille dans le but de demander réparation à l'Empereur qui doit être une grosse feignasse qui se gave de nems vu qu'il daigne même pas apparaître une fois si c'est pas honteux ma bonne dame par quoi est on gouvernés je vous le demande (ça y est je peux reprendre ma respiration).
L'intérêt du film, on l'aura compris, n'est pas dans l'histoire, puisque tels les primesautiers films mettant en scène les réparateurs de télé ou de photocopieuse (cf. The Big Lebowski et non Cauet, bande de beaufs), les dialogues ne sont là que pour entrecouper deux scènes où fistons-armée de Pad-Mei, fistons-moines shaolins, fistons-barbares, fistons-paysans et même fistons-soeurettes se tatannent, se savatent, bref se maravent grave à tout va. Quel intérêt alors?
D'abord pour le kitschissime du truc, les 7 frères du début ressemblent plus à Pedro, voisin portugais de mes parents, qu'à un ninja sanguinaire pétri de toutes les cruautés (m'enfin quand on a vu un ouvrier de Porto s'acharner sur des carreaux de carrelage on ne peut plus avoir de doute quant à la barbarie de ces gens là), la caractéristique des méchants est d'être pourvu d'un sourcil qui semble être issu des ébats d'Emmanuel Chain avec Henri Emmanuelli, accessoire capillaire qu'il est de bon aloi de porter hérissé et touffu histoire de terroriser l'ennemi, si possible en poussant en même temps des cris de vieille marmotte asthmatique.
Les scènes de batailles ont du être particulièrement éprouvantes pour les bruiteurs, du cling et du clang en veux-tu en voilà, y compris quand le ninja tape comme une fiotte. On pourrait comparer les bruits de ces glorieuses batailles avec les résonnances épiques des claques de Bud Spencer et Terence Hill dans le chef d'oeuvre cinématographique du XXème siècle: Salut l'ami, adieu trésor (je suis une fan de la 1ère heure).
Je parlerai également du jeu mémorable des interprètes, sensiblement le même d'ailleurs que celui des acteurs (enfin acteurs...) des Feux de l'Amour, programme recommandé par l'AGF (Association Gérontologique de France). En gros 4 mimiques déclinées à toutes les sauces, le fronçage de sourcils, fondamental si vous avez bien lu plus haut, le haussement de sourcil pour montrer son effarement, le retournage de dos qui marque une certaine sollenité et la possibilité pour les félons d'empapaouter l'ennemi par la face Nord et enfin le montrage de dents, largement usité par les acteurs afin d'exprimer une forte contrariété.
Le principal intérêt de ce film n'est pourtant ni dans les bruyantes bastons, ni dans les dialogues, j'en avais pourtant pas entendu d'aussi bidonnants depuis Blade II, mais dans le jeu des deux frères survivants. Le premier rentre au palais royal avec le calme d'un pitbull nourri au taillefine 0% depuis 3 mois, il attaque tout ce qui bouge en hurlant "Al'attaaaaaaaaaaaaqqqqqque!!!!!!!!!", avec une impayable tronche de constipé et se fait régulièrement correctionner par sa vieille mère chenue et à moitié paralytique, qui remet fiston dans le droit chemin à coup de canne sculpté d'un dragon doré. Après ça on a plus aucun doute quant à la défaite du clan Yang, si les plus valeureux ne sont même pas capable de se défendre contre une grabataire édentée...
Le second frère, le fameux Wu-Long, se barre courageusement de la bataille et se réfugie d'abord chez un barbare habillé d'une seyante veste en léopard (super trendy dans le Marais) à qui il donne le qualificatif de brave (le pecnot a failli lui offrir une chir'esthétique gratos), fait ami-ami avec lui et finit par le faire tuer alors qu'il couvre sa fuite. Ouin-Ouin finira au Monastère de la Quiétude qui cesse de bien porter son nom dès l'arrivée de Ouin-Ouin dans la place. Celui ci montrera la tenacité d'un Rottweiller nourri au sveltesse light depuis 6 mois, refusant de lâcher les bur..., la toge du grand maître bouddhiste des lieux avant qu'il ne l'ordonne moine. Le grand maître, pas fou, veut pouvoir continuer à faire passer ses 15 heures de sieste quotidienne pour de la méditation et refuse. C'est là que son calvaire commence car Ouin-Ouin, gosse de nantis trop gâté qu'a pas reçu assez de coup de pieds au cul dans le fondement, se déchaîne et ne laisse plus aucun repos au vieil homme qu'on prend en pitié, ce sera dès lors Ouin-Ouin contre le Bouddha, Ouin-Ouin contre le rasoir, Ouin-Ouin contre-attaque, Ouin-Ouin même pas mal, Oui-Ouin contre les carpes du bassin à poissons, Ouin-Ouin se fait les moines etc...
Jusqu'à ce que, épuisé, la sainteté a des limites, le Grand maître cède et que Ouin-Ouin, toujours teigneux mais laissant les carpes un peu plus en paix, accède à la toge écarlate, symbole de sa fidélité au Bouddha et accessoirement écrabouille la tronche aux ennemis de Papa.
En bref un chef d'oeuvre, une quasi absence d'histoire, un jeu enflé comme l'égo d'un ministre de l'Intérieur, un pur moment de rock'n'roll à la portée du cino(cyno?)phile moyen.
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#2 Carlo

Carlo

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Posté 29 December 2007 - 23:06

Le jour où t'as écrit ça, t'avais aussi consommé du côte de Blaye non ? :D

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#3 Miss Lacroix

Miss Lacroix

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Posté 29 December 2007 - 23:11

Même pô. Je suis déglinguée de nature...
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#4 RabbitInYourHeadlights

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Posté 30 December 2007 - 00:10

Bien sympa ton texte. :P En passant, ça doit être ce film qui donne son titre au dernier album du Wu-Tang Clan... :zut:

Sinon je conseille également à tout le monde Le festin chinois de Tsui Hark, plutôt un bon film. :yes: Avec notamment une scène de combat au hâchoir entre Leslie Cheung et un espèce de... thon géant. Va comprendre. :lol:




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