Posté 19 février 2010 - 15:14
Parce que j'ai réussi à m'écouter toutes l'oeuvre de Mark Oliver Everett ces derniers jours (lives "officiels" compris), et que je suis bien plus attaché au concept d'album qu'à celui de chanson (et puis parce que j'en ai envie), je me suis cassé la tête sur un 10 best Eels albums.
1. Beautiful freak
Qu'est-ce que j'aurais aimé avoir un âge raisonnable pour le découvrir à l'époque de sa sortie et me prendre la claque que cet album mérite. Franchement, qu'y a-t-il à jeter dessus. A part peut-être Manchild un cran au dessous du reste ? Mais l'énergie de Not ready yet (désolé, je crois que je ne trouverais jamais rien de mieux que ce morceau), Mental, ou Rags to rags, les mélodies de Novocaine for the soul, Susan's house ou Guest list avec son harmonica, une fois n'est pas coutume, précieux, c'est quand même quelque chose...
2. Electro-shock blues
Alors oui, des fois, il est numéro 1, des fois il est numéro 2. En ce moment, je n'ai pas le courage d'écouter des trucs trop expérimentaux et mélancoliques, alors Beautiful freak, plus accessible, a ma préférence. Mais sans revenir sur les circonstances maintes et maintes fois répétées de la création de cet Electro-Shock Blues, cet album nous fait passer par toutes les émotions, la tristesse, la rage, mais également l'espoir, et c'est peut-être ça le plus fort dans cette oeuvre, avec des sommets évidents comme P.S. You Rock my world, Climbing to the moon ou Elizabeth in the bathroom, avec des expérimentations réussies comme Efil's god, et sa piste principale inversée du plus bel effet.
3. Daisies of the galaxy
Je reste persuadé que les trois premières oeuvres de Eels sont les meilleures. Quel est le charme de cet album ? Déjà, Mark Oliver Everett semble apaisé, le temps lui a permis d'effacer une partie de sa tristesse (celle qui ne le quittera sans doute jamais d'ailleurs), le piano devient l'instrument majeur, avec des ballades (ou fausses ballades...) comme It's a motherfucker, des morceaux tous simples mais efficaces, en 3 accords comme I like birds ou Mr E's beautiful blues, et d'autres plus compliquées et aussi géniaux comme Grace Kelly Blues ou Flyswatter assurent un retour gagné, moins ambitieux certes, mais tout à fait réussi pour Eels après les deux meilleures oeuvres du groupe américain.
4. Blinking lights and other revelations
L'oeuvre de la vie de Mark Oliver Everett, la voici. Non pas que ce soit la plus réussie, mais peut-être la plus personnelle, puisque l'album est entièrement dédié (que ce soit certaines pistes ou l'artwork) à ses parents, disparus (la femme sur la pochette est sa mère, et des photos de militaire de son père pullullent dans l'artwork). Sorte de petit frère de Daisies of the galaxy qui sonnait déjà les prémisces de cet hommage paternel avec le morceau de transition Estate sale dans lequel les voix de ses parents récupérées sur de vieux enregistrements étaient placées. Dans l'esprit, c'est également dans la continuité de Daisies of the galaxy avec beaucoup de piano pour un double album posé, avec un hymne (Blinking lights) répété sous toutes les coutures, comme pour une BO (mais n'est-ce pas finalement la BO de sa vie ?), et des sommets comme I'm going to stop pretending that I didn't break your heart où E est touchant comme jamais.
5. Souljacker
L'album le plus difficile d'accès peut-être (avec Electro-Shock Blues bien sûr), avec parfois des expérimentations dispensables (Jungle telegraph) mais une dynamique étrange et louable chez E, permettant d'obtenir des chefs d'oeuvre énergiques aux percussions débordantes comme Souljacker Part 1 ou Dog faced boy, qui cotoyent des morceaux plus dans l'esprit de ce que le groupe nous avait habitué comme le très réussi Woman driving men sleeping.
6. End times
On pourra toujours dire que Mark Oliver Everett est désormais un loup solitaire qui compose des collections de morceaux plus que des albums, force est de constater que ce End times, pondu rapidement (6 mois après son décevant prédecesseur qui avait mis 4 ans à voir le jour), est une réussite. Intimiste, cohérent, nous sommes certes loin des expérimentations d'Electro-Shock Blues ou Souljacker, mais E nous propose un album dans la lignée des Daisies of the galaxy et Blinking lights and other revelations (le troisième volet d'une collection dans le même esprit ?), appliquant certes la même recette (A line in the dirt ressemble fort à Manchester girl notamment), mais proposant des perles comme A line in the dirt justement, Litte bird, In my younger days ou le final On my feet. C'est bien tout ce que l'on demande désormais ) à Eels.
7. Broken toy shop
A force de répéter que les deux albums solo de Eels sont dispensables, on pourrait finir par le croire. Si ce constat n'est pas loin d'être vrai pour le premier album, il est clairement erroné s'agissant de Broken toy shop... Si a production a, il est vrai, mal vieilli, on sent là les germes de la naissance du chef d'oeuvre Beautiful freak. Côté perles, on notera évidemment Manchester girl et An unpleasant man, à conseiller à tous les amateurs de Eels.
8. Shootenanny!
C'est un crève coeur que de le placer si bas, mais il faut bien se résoudre à l'évidence, Shootenanny! vieillit bien moins bien que les autres albums de Eels. La recette est souvent la même sur cet opus finalement assez linéaire malgré quelques morceaux magnifiques comme Agony, ou d'autres entraînants comme Lone wolf.
9. A man called (E)
Premier album de E, et relativement dispensable malgré quelques perles très Eels-iennes dans l'esprit, comme Fitting in with the misfits ou You'll be the scarecrow, et quelques expérimentations intéressantes mais non abouties comme cette Symphony for toy piano in G minor.
10. Hombre lobo
Sans doute l'album le plus décevant du groupe américain... On appréciera quelques morceaux comme In my dreams, Fresh blood ou encore The longing, mais guère rien de plus. Les morceaux plus dynamiques ne parvenant guère à convaincre...
(jamais réussi à accrocher à I am the messiah composé en tant que Mc Honky, qui finit donc à la onzième et dernière place de mon top).
Et côté faces B :
1. Electro-Shock Blues Show
2. Eels with strings, live at town hall
3. Useless trinkets B-sides, soundtracks, rarities and unreleased
4. Oh what a beautiful morning
"All i want is to be a happy man", Mark Linkous.