
Salle complètement atypique que cette "Filature". Il s'agit d'un rez-de-chaussée d'une maison tout ce qu'il y a de plus normale avec une scène au milieu d'un salon haut de deux étages. On se retrouve ainsi coincés entre le divan du salon et une armoire fourre-tout, en-dessous de la mezzanine qui sert de chambre à coucher (l'heureux locataire pourrait donc suivre le concert depuis son lit!). Le détail qui tue: la toilette qui jouxte la scène. On aura ainsi droit aux bruits et lumières de toilette durant tout le concert.
Peu importe, HRTSA nous a embarqué dans un voyage, faisant fi de ce type de détails matériels.
Je passe ainsi tout de suite au plat de résistance, skippant la première partie Baby Fire, concert plutôt anecdotique de grunge à trois accords.
HRSTA donc. J'aurais prononcé "Ersta" mais leur myspace précise "Urchta". Ne connaissant pas du tout le groupe, je parcours rapidement la toile. En deux mots donc: Premier bon point, ils sont sur le label Constellation. Point négatif (pour moi en tous cas): ils semblent étiquettés post-rock. Plutôt positif: ils sont menés par Mike Moya, un des fondateurs des fameux Godspeed You ! Black Emperor (mais il n'aura participé qu'aux deux premiers albums, et quittera l'aventure juste avant Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven).
La formation est la suivante: Mike au chant/guitare, un guitariste, une claviériste et une batteuse. Ils ont l'air plutôt mou en montant sur scène, la bonne excuse étant le jetlag (ils avaient débarqué la veille du Canada). Personnellement, je mettrais également cela sur l'abus de certaines substances (la claviériste avait des yeux bioniques, comprenne qui pourra).
Heureusement, il aura fallu à peine deux notes pour oublier tout préjugé et être aspiré dans le tourbillon de musique que déploie HRSTA. Plus d'une heure durant, ils m'auront fait faire un survol des plaines de Patagonie, participer à un combat naval à bord d'un navire viking et m'auront propulsé dans l'espace, en apesenteur. Ils démontrent ainsi une totale maîtrise des montées et descentes, particulièrement la batteuse qui fait corps avec son instrument et joue avec une justesse rarement vue. En outre, ils s'aident de quelques ustensiles qui permettent d'ajouter à la densité de leur musique: archet sur scie, tournevis sur les cordes de guitare, vieux cornet de téléphone réutilisé pour moduler la voix, etc.
La claviériste plaque de longues nappes, Mike se lance dans un chant plaintif: on s'approche définitivement du post-rock.
Durant le set, je me retourne. Beaucoup de gens (enfin beaucoup...pour cette salle!) avec les yeux fermés. Pas de doute, HRSTA fait mouche.
Le set et le rappel terminés, on reste là quelques secondes, encore sous l'emprise. En sortant, l'air frais nous ramène à la réalité. C'est là qu'on prend conscience de ce beau moment que l'on vient de vivre...
Une vidéo que j'ai prise au hasard, malheureusement pas le meilleur morceau qu'ils nous aient proposé. Mais cela donne une bonne idée du concert.
PS: je ne vais désormais plus poster mes CR de concerts ici, j'ai un peu trop l'impression de flooder et de n'intéresser que peu de monde finalement...de plus ca fait double emploi par rapport à mon blog http://www.indieans.net, blog que vous pourrez suivre si ces CR vous intéressent











