D'ailleurs , à peine arrivé dans une ville en plein festival , les affiches placardées sur les arrêts de bus et autres panneaux d'affichage mettent clairement en avant les têtes de liste du festival , à savoir M , Iggy pop & The Stooges , Olivia Ruiz , Izia , BB Brunes , Pony Pony Run Run etc... aucune trace donc des trois groupes qui nous intéressent ici , franchement regrettable et surprenant quand on connait leur côte de popularité auprès de tout bon amateur de musique indépendante.
Repérage de la salle fait , nous arrivons donc vers 17h30 , les portes du magnifique auditorium de Bourges s'ouvrent à nous et franchement c'est pas la grande foule.
La salle , tiens parlons en , nous sommes en effet dans un bel édifice , en service depuis septembre 2006, l'Auditorium de Bourges constitue l'élément emblématique du conservatoire de musique et de danse. D'une capacité d'environ 500 places en gradin , toutes assises , la totalité du public bénéficie d'une qualité visuelle et phonique du meilleur niveau. Le plafond à caisson et les modénatures des murs latéraux, au-delà de l'efficacité acoustique, participent à la décoration de la salle. C'est donc confortablement installé dans les premiers rangs que la séance de fin d'après midi pouvait commencer.
Chapelier Fou ouvre le bal , seul sur scène le multi instrumentaliste messin ne semble pas impressionné par une salle qui finalement se remplit intégralement , et dès les premières notes , il envoûte un public surpris et charmé par le talent de cet artiste.

Chapelier Fou , Louis Warynski de son vrai nom , joua six morceaux (dont Darling,Darling,Darling , Gramaphone , Les Métamorphoses Du Vide) tous très long en bouche , pour une prestation d'environ 45 minutes.
Entre musique classique et musique électronique , nous voyons défiler sous nos yeux ébahis , violon , guitare , synthé , tables de mixage , la performance musicale est remarquable , le Chapelier maîtrise ses samples , les compositions sont envoutantes et complexes , démarrant sur quelques notes , pour se conclure dans un tourbillon mélodique.
Même si l'on peut reprocher un peu de systématisme sur la longueur ou regretter l'absence de voix qui magnifierait certaines plages instrumentales , il faut bien admettre que le très talentueux Chapelier fou a conquis son auditoire , qui réalise à cet instant , pourquoi ce concert se déroule dans la salle du conservatoire de Bourges.
L'organisation est parfaitement huilée et il ne faut pas plus d'une dizaine de minutes pour que la scène soit modifiée et que les instruments des Londoniens de Tunng installés.
Je profite de cet instant pour me rendre au stand merchandising pour acquérir ...And then we saw Land que j'avais découvert au fil de la semaine en guise de préparation à cette soirée. Un album plaisant et agréable , je ne me doutais pas encore à quel point je ne regretterai pas mon achat...
En effet , le très pop It Breaks ouvre le concert et instaure d'emblée une ambiance légère et bucolique , les Anglais semblent heureux d'être là et nous le font partager.
On pense à Belle & Sebastian pour les passages les plus pop , à Sufjan Stevens ou Iron & Wine pour certaines ambiances plus folk.

Les titres du dernier album s'enchainent , l'émotion est à son comble sur le splendide With Whiskey , l'ambiance joyeuse et détendue sur Santiago , Hustle et Don't look down look up confirment toute la richesse et les bonnes trouvailles mélodiques , sur By dusk they were in the city , Mike Lindsay chausse même des lunettes de soleil XXL , il déroule son solo de guitares en caricaturant une scène rock british , un peu trop hype pour lui.
C'est un véritable récital auquel nous assistons , musicalement c'est magnifique , le travail des percussions est remarquable , les voix de Becky Jacobs , printanièrement vétue , et de Mike Lindsay se superposent , se confondent , se complètent dans une harmonie quasi parfaite. Le folk électronique de Tunng est convainquant et c'est sur un Bullets d'anthologie que se termine le concert , le public se lève de ses jolis sièges bleus dans lesquels nous étions finalement trop bien installés , pour se dégourdir les pattes , les gens dansent , une jeune fille monte sur scène , non , nous ne venons pas de Barcelona , mais c'est la fête quand même.
Cerise sur le gateau , ravis d'être entrés en communion avec le public , les musiciens de Tunng se rendent immédiatement disponibles , nous pouvons alors échanger quelques mots au détour d'une pause cigarette salvatrice , faire signer notre disque , un grand souvenir.
A peine remis de toutes ces émotions et de cet état de bonheur , nous avions presque oubliés que nous étions quand même venu pour voir Midlake.

Les texans sont bien là en effet , et d'entrée de jeu , on ressent que l'ambiance sera beaucoup plus grave , beaucoup plus pesante.
Winter dies placé en ouverture donne le ton , Midlake n'est pas vraiment là pour amuser la galerie , dans une salle plongée dans une obscurité quasi totale , se dressent devant nous les silhouettes des sept américains , Tim Smith assis sur une chaise étant le seul à être illuminé par un léger filet de lumière.
On va ressentir tout au long du concert cette atmosphère étrange et oppressante que dégage The courage of Others , la flûte traversière est omniprésente , avec trois , voir quatre guitares branchées sur la plupart des morceaux , ce concert a une teneur très électrique. Sur The Horn, The courage of Others ou le final du magnifique Core of nature , c'est un véritable tourbillon électrique qui nous emporte et nous scotche à nos fauteuils , toujours bleus.
De ce fait , la musique de Midlake devient difficilement accessible , dans un concert très linéaire , Midlake semble comme mettre une frontière entre ses chansons et son public , les échanges sont très limités , certaines personnes quittent même la salle.
Pourtant la beauté atteint des sommets sur les magnifiques et désespérées Acts of man , Fortune ou Rulers , ruling all things , pas sûr qu'une partie du public non initié à leur musique , était prête à recevoir un telle dose de mélancolie et de souffrance et je pense réellement qu'il en fût question dans la réalisation de ce dernier album où seul Children of the grounds semble apporter un peu de lumière dans cette noirceur ambiante.
Et c'est finalement du côté du majestueux The Trials of Van Occupanther , qu'on trouvera quelques motifs d'espoir dans la musique des texans , Roscoe , Young Bride , Head Home puis Branches viennent nous confirmer que cet album est réellement un des plus beaux chef d'oeuvre des années 2000 et on comprend aussi qu'après de tels sommets , il en aura fallu du courage pour lui donner une suite.
Midlake quitte la salle dans la même discrétion qui a précédé son arrivée , le sentiment du devoir accompli , pour ma part , je retiendrai une prestation techniquement de haut niveau (les solos de guitare ou la performance du batteur étaient de haut vol) avec le regret de voir un groupe qui n'a pas su entrer en communion avec son public , la gravité de leurs nouvelles chansons y étant pour beaucoup.























