Il est loin de temps des guitares noisy pour Blonde Redhead et le groupe l'a bien compris. Alors que les fans de la première heure s'arrachent les cheveux depuis quelques temps déjà, regrettant leur ancien son expérimental et arty qui avait su se camper en pilier d'une supposée scène underground new-yorkaise des années 90, le groupe de Kazu Makino et des frères Pace continue son bout de chemin à la recherche de nouvelles sonorités depuis le magnifique Misery is a Butterfly sorti en 2004, véritable musée baroque où se déversait spleen et mélancolie dans une grâce inégalable.
Son successeur, 23, sorti en 2007, s'était orienté vers une musique plus pop, plus lumineuse, souvent comparé à ce que l'on appelle encore le shoegaze dont il avait repris non pas le caractère bruitiste, mais ces mélodies planantes et cette voix éthérée.

Que dire alors de ce nouvel opus, Penny Sparkle ? Premièrement, que le groupe n'a rien perdu de la beauté de ses mélodies. Deuxièmement, que 15 après son premier abum, Blonde Redhead, ne se contente toujours pas de ses solides acquis et ne se repose pas ses lauriers, mais travaille toujours plus dur à la recherches de nouvelles terres à explorer.
Car si Penny Sparkle garde le côté planant et aérien de son prédécesseur, il est quand même radicalement différent. Ici, les sonorités électroniques prédominent, que ce soit à base de beats et de basses, ou de nappes sonores et d'arpèges synthétiques. La production est parfaite, les arrangements foisonnent et ne se ressemblent pas, ce qui lui confère une grande richesse non seulement dans ses instrumentations mais aussi dans ses mélodies.
Fini les envolées aïgues de Kazu Makino, qu'ils soient pop ou lyriques. Son chant est plus calme et posé, et parfaitement mis en valeur par une production léchée. Les apparitions d'Amadeo se font moins nombreuses mais sont toujours réjouissantes et poignantes, en particulier sur le splendide duo qu'est Black Guitar.
Blonde Redhead annonçait il y a quelques mois sur sa page Facebook : "New music is just around the corner." Le trio new-yorkais ne ré-inventera pas la musique avec ce nouvel opus, mais continue à en explorer certains recoins dans la continuité logique de ses précédents albums, avec toujours autant d'inspiration. Bravo.

01 - Here Sometimes
02 - Not Getting There
03 - Will There Be Stars
04 - My Plants Are Dead
05 - Love Or Prison
06 - Oslo
07 - Penny Sparkle
08 - Everything Is Wrong
09 - Black Guitar
10 - Spain
(Bon je ne sais pas si quelqu'un du Mag comptait faire cette chronique, si c'est le cas désolé.













