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Sujets que j'ai initiés

[CHRONIQUE] Orouni - Somewhere In Dreamland EP

hier, 17:45

1. Speedball
2. Uca Pugilator
3. The Sea Castle
4. Kalimbalism


Orouni - Somewhere In Dreamland EP

Avec Grand Tour, Orouni mettait à profit un voyage autour du globe duquel il avait ramené divers instruments servant de support à la réalisation de cette oeuvre majuscule. Depuis, le Français avait apporté sa pierre à l'édifice de notre compilation IRMxTP avec un Beyond The Grave jazzy et hypnotique à souhait qui sera dévoilé prochainement.

Sur ce titre, en plus d'Aldwin qui posait sa voix, Orouni collaborait avec Emma Broughton, laquelle assurait les parties de flûte. Sur ce nouvel EP intitulé Somewhere In Dreamland, l'association avec cette dernière n'en reste pas là et celle qui a déjà collaboré avec des artistes appréciés dans nos colonnes tels que Bon Iver, Mina Tindle, O ou Lidwine pose sa voix sur quatre titres initialement présents sur le LP Grand Tour.

Là où l'exercice pourrait sembler mineur, la réalisation de ce court-format est une vraie bonne idée, tant le chant de la Franco-Britannique offre, en se substituant à la voix d'Orouni, une deuxième vie à des titres déjà impeccables. La démarche ressemble finalement à celle d'Alpha qui, sur le sommet Come From Heaven, offrait à certaines instrumentations deux versions, l'une hantée par une voix masculine, l'autre transcendée par son pendant féminin.

Sur cet EP, Speedball ouvre le bal avec ses boucles entêtantes et percussions sèches. Hymne pop s'imposant immédiatement dans une boîte crânienne, ce titre voit poindre, avec le chant d'Emma Broughton, quelques soupçons d'une mélancolie latente s'immisçant dans un ensemble léger et aérien qui refuse de s'ancrer dans une quelconque béatitude.

Cela carillonne et la pop sautillante de Uca Pugilator où la batterie chaloupée sert de trame principale, s'enrichit d'un chant aéré précédant l'univers feutré de The Sea Castle où les vents interviennent en contrepoint, à la manière de Beirut, comme s'ils répondaient (alors qu'ils les précédent) aux interrogations vocales.


Enfin, cristallin et lumineux, Kalimbalism s'appuie sur des percussions scintillantes dont l'instrumentation évoque les facéties intelligibles de Borko à laquelle le chant d'Emma Broughton offre une relecture fascinante tant y émerge une nouvelle forme de candeur.

Constituant une respiration dans la riche discographie d'Orouni, Somewhere In Dreamland trouvera donc aussi bien grâce auprès des inconditionnels d'Orouni, toujours désireux d'entendre une nouvelle mouture de ses travaux, que de ceux qui n'ont pas encore exploré la richesse de son univers. Il constitue donc une formidable porte d'entrée vers les travaux du Français dont on attend impatiemment le prochain long-format prévu pour le courant de l'année 2018.

Chronique du : 24/11/2017 - par Elnorton
pour indierockmag.com


[CHRONIQUE] Orouni - Somewhere In Dreamland EP

hier, 13:26

1. Speedball
2. Uca Pugilator
3. The Sea Castle
4. Kalimbalism


Orouni - Somewhere In Dreamland EP

Avec Grand Tour, Orouni mettait à profit un voyage autour du globe duquel il avait ramené divers instruments servant de support à la réalisation de cette oeuvre majuscule. Depuis, le Français avait apporté sa pierre à l'édifice de notre compilation IRMxTP avec un Beyond The Grave jazzy et hypnotique à souhait qui sera dévoilé prochainement.

Sur ce titre, en plus d'Aldwin qui posait sa voix, Orouni collaborait avec Emma Broughton, laquelle assurait les parties de flûte. Sur ce nouvel EP intitulé Somewhere In Dreamland, l'association avec cette dernière n'en reste pas là et celle qui a déjà collaboré avec des artistes appréciés dans nos colonnes tels que Bon Iver, Mina Tindle, O ou Lidwine pose sa voix sur quatre titres initialement présents sur le LP Grand Tour.

Là où l'exercice pourrait sembler mineur, la réalisation de ce court-format est une vraie bonne idée, tant le chant de la Franco-Britannique offre, en se substituant à la voix d'Orouni, une deuxième vie à des titres déjà impeccables. La démarche ressemble finalement à celle d'Alpha qui, sur le sommet Come From Heaven, offrait à certaines instrumentations deux versions, l'une hantée par une voix masculine, l'autre transcendée par son pendant féminin.

Sur cet EP, Speedball ouvre le bal avec ses boucles entêtantes et percussions sèches. Hymne pop s'imposant immédiatement dans une boîte crânienne, ce titre voit poindre, avec le chant d'Emma Broughton, quelques soupçons d'une mélancolie latente s'immisçant dans un ensemble léger et aérien qui refuse de s'ancrer dans une quelconque béatitude.

Cela carillonne et la pop sautillante de Uca Pugilator où la batterie chaloupée sert de trame principale, s'enrichit d'un chant aéré précédant l'univers feutré de The Sea Castle où les vents interviennent en contrepoint, à la manière de Beirut, comme s'ils répondaient (alors qu'ils les précédent) aux interrogations vocales.


Enfin, cristallin et lumineux, Kalimbalism s'appuie sur des percussions scintillantes dont l'instrumentation évoque les facéties intelligibles de Borko à laquelle le chant d'Emma Broughton offre une relecture fascinante tant y émerge une nouvelle forme de candeur.

Constituant une respiration dans la riche discographie d'Orouni, Somewhere In Dreamland trouvera donc aussi bien grâce auprès des inconditionnels d'Orouni, toujours désireux d'entendre une nouvelle mouture de ses travaux, que de ceux qui n'ont pas encore exploré la richesse de son univers. Il constitue donc une formidable porte d'entrée vers les travaux du Français dont on attend impatiemment le prochain long-format, qui devrait s'intituler Tropicalia, prévu pour le courant de l'année 2018.

Chronique du : 24/11/2017 - par Elnorton
pour indierockmag.com


Quand Partout Partout vient dire c o u c o u

19 November 2017 - 11:43

Une guitare, une batterie, des morceaux syncopés, échantillonnés, disloqués et totalement imprévisibles : c'est Partout Partout, on y trouve des bribes de Pauwels et 100%Chevalier et ça débarque de Strasbourg. On ne va pas épiloguer longtemps, la vidéo ci-dessous devrait suffire à (relativement) circonscrire le math-rock du duo. Ça part dans tous les sens mais c'est aussi très carré, c'est tout le temps dynamique et le plaisir de jouer est à tel point manifeste qu'on en oublie les équations sous-jacentes.


Partout Partout ira défendre son premier EP paru en avril - c o u c o u - presque partout si l'on en juge par les dates qui suivent :

23 Nov | Mulhouse - FR | Le Greffier
24 Nov | Lyon - FR | Festival Riddim collision w/ La Colonie de Vacances
25 Nov | Marseille - FR | La Tâche

News du : 18/11/2017 - par leoluce
pour indierockmag.com


[CHRONIQUE] Philip Selway - Let Me Go

17 November 2017 - 17:06

1. Helga's Theme
2. Wide Open
3. Mine
4. Zakopane
5. Walk
6. Snakecharmer
7. Mutti
8. Last Act
9. Let Me Go Voir la vidéo Philip Selway - Let Me Go
10. Days and Nights
11. Don't Go Now
12. Let Me Go Rhodes
13. Necklace
14. Helga Saw


Philip Selway - Let Me Go

En 2010, Philip Selway avait surpris son monde avec un Familial qui voyait le batteur de Radiohead s'affirmer comme un mélomane inspiré, loin du cliché du percussionniste uniquement obsédé par les rythmiques.

Sept ans et un nouveau disque - Weatherhouse en 2014 - plus tard, alors que Clive Deamer prend une place de plus en plus importante derrière les fûts de Radiohead en concert, les rumeurs hésitent et diffèrent, évoquant des divergences d'opinion au sein du combo ou des problèmes de santé que rencontrerait le Britannique.

Brisons d'emblée le suspense : c'est un Phil Selway en grande forme qui se présente sur Let Me Go, bande originale du film homonyme réalisé par Polly Steele à partir de l'histoire de Helga Schneider, qui tente de reprendre contact avec sa mère qui avait abandonné sa famille pour devenir gardienne de camp de concentration.

Pas forcément le genre de sujet qui donne envie de s'époumoner sous les rayons du soleil, mais Phil Selway a toujours été du genre taiseux (seulement trois des quatorze morceaux sont chantés et encore, c'est une voix féminine qui déploie une encre sanguine sur Walk) et préfère le confort de l'obscurité aux focales de la lumière.

Surtout, cette thématique pose des questions existentielles fondamentales sur le parcours de résilience de l'individu, sa construction identitaire en marge de figures d'identification parentales ou encore les sujets de l'exonération ou du pardon. Autant de questions qu'il n'est pas difficile de se poser en entendant cette surprenante introduction dominée par les cordes lugubres de Helga's Theme, pas si éloignées des ambiances oppressantes développées par Jonny Greenwood en solo, ou celles, peut-être encore plus austères, d'un Mutti aux faux-airs de Max Richter qui rappelle que son acolyte au sein du quintette d'Oxford n'a pas le monopole de l'attrait pour la musique classique.


En effet, les cordes dominent cette bande originale délicate et désarmante tant l'espoir perce les pores de cet océan d'austérité. Les oscillations de la scie musicale et du vibraphone ajoutent un caractère incertain et impermanent à cette réalisation également capable de renouer avec les guitares en bois, comme sur la pop instrumentale de Days And Night ou ce Wide Open qui rappelle le Desert Island Disk du dernier Radiohead.

Mais ce sont bien les boucles de cordes glaçantes de Zakopane, les méandres labyrinthiques de l'Elysian Quintet sur Don't Go Now et plus encore la grâce des arrangements du sommet Let Me Go, sorte de prolongement d‘Amnesiac pour cette désolation paroxysmique aux percussions anguleuses, qui hantent l'auditeur sur cette bande originale.

Avec ce troisième long-format en solitaire, Phil Selway étonne peut-être plus encore qu'avec la belle surprise Familial il y a sept ans. Au-delà de son génie rythmique et de l'aisance mélodique qu'il avait pu afficher, le voici désormais subtil dans la création de froides harmonies. Cette sortie que personne n'attendait réellement fait pourtant partie des grandes réalisations de l'année.

Chronique du : 17/11/2017 - par Elnorton
pour indierockmag.com


[CHRONIQUE] Sheik Anorak - North Star

14 November 2017 - 16:51

1. JUST A GAME
2. NO ONE COULD
3. PATTERN 0 (PART. 2)
4. NORTH STAR
5. THIS YEAR
6. ARGENT
7. READY


Sheik Anorak - North Star

Sheik Anorak continue à arpenter un espace qui n'appartient qu'à lui : one-man band à la sensibilité exacerbée, il nous envoie quelques nouvelles par le biais de North Star, carnet de voyage doux-amer qu'on ne se lasse pas d'explorer.

Depuis Day 01 (2010), Sheik Anorak n'a cessé de muter, pas petites touches discrètes mais bien réelles, rajoutant quelques éléments ici (du chant par exemple), se débarrassant de quelques autres là (les cymbales, de plus en plus muettes). Un mouvement presque immobile ou une érosion, transformant lentement les cailloux bruts en pierres polies, le tout en conservant une ligne directrice : au fur et à mesure qu'il se rapproche de lui-même, Sheik Anorak se rapproche aussi de nous et ses morceaux, sans faire de bruit, se ménagent un espace dans l'encéphale. Cette fois-ci au nombre de sept, plusieurs d'entre eux hérissent le poil au détour d'un refrain ou d'une mélodie qui arrivent comme ça, sans crier gare : North Star, This Year ou encore Ready ont cette capacité à murmurer leur mélancolie à l'oreille jusqu'à ce que le corps l'intériorise. À l'instar des précédents Keep Your Hands Low et Let's Just Bullshit Our Way Through, North Star mise une nouvelle fois sur l'économie. Toujours adepte du less is more, Sheik Anorak continue son travail de délestage et d'épure et de prime abord, ses morceaux semblent désormais simplissimes. C'est pour cela qu'ils touchent autant. Un pattern de batterie, quelques nappes pour rehausser l'écorché, quelques boucles de guitare et basta, à l'image de Just A Game qui ouvre l'album, ritournelle pop et nerveuse qui délocalise les neurones au cÅ“ur des 90s', tellement évidente que l'on s'étonne de ne l'avoir pas entendue auparavant. Toutefois, on le sait bien maintenant, une écoute plus attentive montre vite que cette simplicité n'est qu'apparente et qu'elle grandit sur un parterre bien plus complexe qu'il n'y paraît.

C'est que la construction de North Star ne doit pas grand chose au hasard. D'emblée, un titre pour prendre l'auditeur par la main avant de l'emmener vers des morceaux plus intimes et nuancés, moins évidents mais tout aussi magnétiques. No One Could, Pattern 0 (part. 2) ou encore Argent montrent bien comment tout est enchevêtré : la place centrale de la batterie, les embranchements multiples qu'elle offre à l'électronique qui, selon la façon dont elle s'y greffe, développe le morceau dans telle ou telle direction. La guitare tour à tour solaire ou grondante, la voix présente ou non, murmurée ou plus en avant et quoi qu'il arrive, à l'arrivée, cette impression d'infinie justesse et de délicatesse. D'ailleurs, à bien y regarder, il semble y avoir une connexion entre Pattern 0 (Part. 2) et This Year, tous deux partant d'un même pattern de batterie mais étiré dans deux directions différentes amenant à deux morceaux distincts, un peu comme une fenêtre ouverte sur la manière dont Sheik Anorak imagine ses albums. Une nouvelle fois, ce qui frappe dans North Star, c'est tout à la fois son côté très éclectique - l'immédiateté de Just A Game, le côté plus percussif de No One Could et presque expérimental de Pattern 0 (part. 2), la tension sourde d'Argent, long morceau sans chant, la pop tarabiscotée et vraiment touchante de North Star ou This Year, l'électro de Ready - mais aussi très cohérent, marqué par la grande mélancolie de l'ensemble, comme si Frank Garcia se mettait à nu derrière sa créature au fil d'albums de plus en plus transparents mais néanmoins denses. Les émotions affleurent à la surface de sa musique et c'est aussi pour cela que Sheik Anorak touche autant.

Nouvelle carte postale envoyée depuis Göteborg, North Star continue, à l'instar de ses prédécesseurs, à inscrire Sheik Anorak dans le giron des artistes qui, sans faire de bruit, n'en demeurent pas moins intimes. Quoi qu'il en soit, on reste impatient de recevoir quelques nouvelles et de s'emmitoufler dans ces morceaux doux-amers qui font un bien fou et accompagnent si bien le flot imprévisible de la vie quotidienne.

Chronique du : 14/11/2017 - par leoluce
pour indierockmag.com